© INTERNELe constat n'est pas nouveau, d'année en année les donneurs catholiques se font moins nombreux. Et si depuis dix ans, malgré cette baisse en effectif, le montant des deniers publics (ou contributions volontaires) est resté stable, les besoins des diocèses, eux, ont augmenté. Pour développer ses activités, rémunérer ses prêtres, ses animateurs...l'Eglise a donc besoin d'un soutien accru de la part de ses fidèles. Comme chaque année, une campagne en faveur du denier de l'Eglise vient d'être lancée à travers la France. Mais parallèlement, la conférence des évêques a mis en place une nouvelle stratégie de communication, en décidant pour la première fois, lors d'une conférence de presse, de rendre compte publiquement des ressources de l'Eglise. Une politique de transparence qui vise à réfuter les idées fausses, élargir le portefeuille des donneurs et permettre à ceux-ci de mieux savoir où va leur argent. Pour en savoir plus sur la situation financière de l'Eglise, TF1.fr a rencontré Monseigneur Hubert Barbier, archevêque de Bourges et président depuis six ans du comité permanent pour les affaires économiques de la conférence des évêques de France.
Quelques Chiffres en 2000 :
Montant des deniers collectés : 1.145 Milliard
Montant des quêtes et casuels : 1.113 Milliard
Montant des offrandes de messes : 390 millions
Nombre de donateurs : 1 750 000 (baisse de 1% par an depuis 10 ans)
Montant moyen du don : 650 F
Salaire net des prêtres et évêques : entre 4 800 et 6 000 F.
Salaire des animateurs : enter 1/2 SMIC et 8 750 F
-TF1.fr : La situation financière de l’Eglise est-elle si mauvaise pour que vous décidiez aujourd'hui de communiquer sur ce sujet en publiant des chiffres sur les deniers qu’elle perçoit ?
L’Eglise comme tout corps social a une vie économique. Elle gère des finances, des biens et elle a besoin de ressources. Sa particularité est qu’elle dépend essentiellement des dons. C’est pour cela qu’elle cherche à conscientiser les personnes de leur devoir de prise en charge de la vie des paroisses. Mais l’Eglise n’est pas au bord de la faillite. Je crois même qu’elle a eu des campagnes suffisamment agressives ces derniers temps pour pouvoir se maintenir à un certain niveau. Seulement, comme il y a de nouveaux besoins, de nouveaux projets, de nouvelles activités, nous avons besoin de plus d’argent. L'Eglise a besoin d'être soutenue pour réaliser ses nouveaux objectifs tels qu'une meilleure communication, plus de formation, plus d'actions envers les jeunes (les JMJ) ou encore pour permettre le versement de salaires à des animateurs laïcs.
-TF1.fr : Quelles sont les différentes ressources de l’Eglise ?
Les deniers de l’Eglise représentent la ressource principale et la plus constante. Nous comptons beaucoup sur cette contribution volontaire des catholiques. Elle sert essentiellement à financer les animateurs de l’Eglise : prêtres, laïcs, religieux, religieuses… Il y a ensuite les recettes ponctuelles, dites casuelles, c’est-à-dire qui arrivent au cas par cas : dons lors d’un mariage, d’une sépulture… Il y a également les quêtes qui sont des offrandes occasionnelles. Un certain nombre sont déjà affectées : soit pour l’Eglise universelle (soutien entres églises), soit encore pour les besoins des diocèses, les activités paroissiales. Je tiens également à préciser, car faire tomber les idées reçues fait partie des objectifs de notre nouvelle communication sur les finances, que l’Eglise ne reçoit aucun argent du Vatican, ni de l’Etat depuis la loi de séparation de 1905 ( ndlr : sauf les diocèses de Moselle, Alsace et Guyane). Par ailleurs, la richesse immobilière de l'Eglise n'est qu'illusion.
-TF1.fr : Qui donne aujourd’hui en France et combien ?
Les gens continuent à donner. En 2000, ils ont été 1 750 000 donateurs sur toute la France. Le don moyen est de 650 francs par an. Le profil du donateur est plus au-delà des 50 ans. C’est pourquoi notre communication va être davantage ciblée sur les 30-40 ans. Je voudrais ajouter que contrairement aux idées reçues, tous ne sont pas que des donateurs pratiquants. A notre bonne surprise, il y a même des gens qui ne sont pas en lien permanent avec l’Eglise mais qui attendent quelque chose d'elle. Avec l'arrivée de l'euro, la pièce de 10 francs donnée le dimanche se transformera-t-elle en un euro (6,55F), ce qui nous embêterait, ou bien en 2 euros ?
Concernant le montant des dons du dimanche, je ne vous cacherai pas que l'arrivée de l'euro nous pose soucis pour l’avenir. La pièce de 10 francs deviendra-t-elle un euro ( équivalent à 6,55 F) ? Ce qui nous embêterait. Il va falloir que l’on se dise que 2 euros égalent une pièce de dix francs.
-TF1.fr : Pour résoudre les problèmes de finances de l’Eglise, ne faudrait-il pas tout simplement que cette dernière fasse payer ses services, comme le fait la poste par exemple ? Les parents paient bien le conservatoire ou le cour de dessin à leurs enfants, pourquoi pas la catéchèse ?
Toute modernité est-elle bonne à prendre ? aurais-je envie de répondre. Nous ne voulons pas uniquement aller vers les gens qui peuvent cotiser. L’Eglise doit aller vers tout le monde. Il y a une solidarité entre tous les chrétiens que nous sollicitons. Que ceux qui ont plus donnent pour pouvoir aider ceux qui ont moins. Il y a des appels, il y a des participations. Mais nous ne voulons pas du donnant-donnant. Par contre on fait de plus en plus connaître les coûts de telle ou telle activité. C’est important. Nous jouons la transparence sur les coûts. Après cela les gens nous envoient ce qu’ils veulent.
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