© INTERNEObjectif vérité. Le procès du Sentier, quartier parisien de la confection, qui doit juger 124 prévenus au palais de justice de Paris, s'est ouvert hier à 14H30. Pour la justice, il s'agira de faire la lumière sur une escroquerie d'environ 540 millions de francs au préjudice de banques et sociétés d'assurance. La 13ème chambre du tribunal correctionnel de Paris s'est donné 10 semaines environ pour mettre au jour l'organisation en réseaux d'une opération mettant en jeu des centaines de sociétés de confection.
Le procès s'ouvre avec près de deux ans de retard - pour cause de difficulté de procédure - après une instruction dont la célérité avait pourtant été soulignée. Sur les 124 prévenus, trois sont incarcérés, d'autres sont toujours en fuite et seront jugés par défaut. Tous sont mis en examen pour "escroquerie", "escroquerie en bande organisée", "faux et usage de faux", "recel", "blanchiment aggravé", "séjour irrégulier" et "banqueroute".
Système de cavalerie
L'affaire avait débuté en juin 1997 par une plainte de plusieurs banques qui recensaient 768 sociétés "C'est une affaire d'escroquerie ordinaire, mais rendue extraordinaire par le nombre de prévenus"
impliquées dans une vaste escroquerie. L'instruction, confiée principalement au juge Isabelle Prévost-Desprez, est menée en tout juste 18 mois. Les enquêteurs se sont attachés à dégager des responsabilités collectives dans une affaire où, selon une source proche du dossier, quatre à cinq "têtes de réseaux" ont entraîné dans leur chute plus d'une centaine d'entrepreneurs en difficulté. C'est maintenant à la justice d'établir s'ils étaient manipulés par les chefs ou complices de leurs montages.
L'instruction a mis en évidence des centaines de fausses traites, qui donnaient lieu a des escomptes bancaires pour les entreprises, mais qui ne correspondaient à aucun achat réel. A l'échéance de la fausse traite, la société prétendument acheteuse émettait une seconde fausse traite pour obtenir des banques l'argent nécessaire au remboursement de la première. Le système de cavalerie était alors mis en route.
"C'est une affaire d'escroquerie ordinaire, mais rendue extraordinaire par le nombre de prévenus", explique Me Jean-Yves Le Borgne, avocat de plusieurs personnes poursuivies. Un avocat rappelle que l'un des enjeux du procès sera pour l'accusation de prouver l'escroquerie "en bande organisée", ce qui suppose "que chaque intervenant a conscience, quand il rentre dans le circuit, de l'existence d'un système".
Photo d'ouverture : AFP
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