L'errance des Kurdes

Par Franck LEFEBVRE , le 26 février 2001 à 22h23 , mis à jour le 25 février 2001 à 22h50

Grâce au sauf-conduit de 8 jours qui leur a été accordé, 200 à 300 Kurdes hébergés à Fréjus ont quitté le camp du 21e RIMa pour tenter de passer en Allemagne. Franchir une frontière ferait cependant d'eux des clandestins ; certains ont déjà été refoulés. 82 autres sont arrivés à Modane, en Savoie, où ils seront hébergés par la Croix-Rouge.

kurdes strasbourg 3 © INTERNE


L'arrivée de plusieurs Kurdes à Paris
Plusieurs centaines de Kurdes, partis de Fréjus, errent en ce moment sur les routes de France. Leur but : l’Allemagne, selon toute vraisemblance, où ils tentent de rejoindre leurs familles. Mais pour cela, il leur faut franchir la frontière, ce qui signifie pour eux entrer dans la clandestinité. Les autorités françaises ont fourni aux naufragés de l’East Sea un sauf-conduit qui doit, officiellement, leur permettre de déposer une demande d’asile politique dans la préfecture de leur choix. Un sauf-conduit qui ne leur permet cependant pas de quitter le territoire français. Mais comment contrôler les mouvements de près d’un millier de personnes, qui sont tout à fait libres de quitter les hébergements qui leur ont été fournis ?

Près du tiers des 900 Kurdes de l'East Sea - "entre 200 et 300 réfugiés", estimait samedi la Croix-Rouge, se fondant sur les repas qu'elle distribue dans les locaux du 21e RIMa de Fréjus - ont déjà utilisé leur sauf-conduit pour quitter par leurs propres moyens le camp où ils étaient logés. Certains ont déjà été signalés à la frontière allemande et refoulés. Une cinquantaine d'entre eux, auxquels les autorités françaises, à Strasbourg, ont déconseillé de franchir le Rhin, ont été installés dans divers centres d'accueil de l'est de la France. Mais une de ces familles a quitté dans la nuit de samedi à dimanche celui de Florange, sans doute pour tenter à nouveau sa chance.

12 Kurdes ont disparu entre Nice et Strasbourg


Les Kurdes hébergés à Modane
La même situation se retrouve à la frontière suisse. Une dizaine de Kurdes a été refoulée par les autorités helvétiques et remise aux autorités françaises. D'autres encore étaient attendus dans la soirée à Strasbourg. Mais les 12 réfugiés kurdes ne sont pas arrivés dans la capitale alsacienne. "Je ne comprends pas ce qui s'est passé, peut-être ont-ils appris en route qu'il était impossible de se rendre en Allemagne à partir de Strasbourg", a commenté Armand Perego, le président départemental de la Croix-Rouge, en précisant qu'ils "ont des téléphones portables et peuvent se joindre entre eux". Trente-huit autres réfugiés seront hébergés par Emmaus à Paris, où ils étaient arrivés dimanche en train, depuis Nice, avec l'intention de se rendre aux gares du Nord ou de l'Est pour poursuivre leur périple.

Dans ce contexte, les autorités et les organisations humanitaires ont bien du mal à organiser et canaliser l'éparpillement des réfugiés. Quatre-vingt deux d'entre eux ont cependant quitté "officiellement" en car dimanche matin le 21ème RIMa de Fréjus et se sont rendus à Modane, en Savoie, où ils seront "temporairement" hébergés dans un centre de formation de la Croix-Rouge. D'autres départs organisés sont prévus "dès le début de la semaine" vers des sites de la Sonacotra et de la Croix-Rouge à La Queue-en-Yvelines (Yvelines), Villeurbanne (Rhône) et dans la région de Carcassonne (Aude).

Par Franck LEFEBVRE le 26 février 2001 à 22:23
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience