© AFPDepuis vendredi, une étudiante de 23 ans a disparu à Perpignan. Un fait qui pourrait paraître anodin si trois autres jeunes filles – dont deux ont été retrouvées mortes - n'avaient connu le même sort dans le même secteur entre 1995 et 1998, faisant planer sur la cité catalane la peur d'un tueur en série.
Vendredi, en fin de journée, Fatima Idrahou, étudiante, quitte son travail à mi-temps dans un magasin d'électroménager du quartier de la Porte-d'Espagne. Comme chaque soir, elle s'apprête à rentrer chez elle à pied. Elle passe un coup de fil sur son portable à 19 heures. Depuis, plus rien. Plus une nouvelle. "Nous avons perdu sa trace à 19h11", explique à tf1.fr un enquêteur.
Mercredi, le parquet de Perpignan a ouvert une information judiciaire pour "enlèvement", même si la thèse de la fugue n'est pas encore totalement écartée par la police. "Mais de moins en moins d'éléments accréditent l'idée d'une fugue", explique à tf1.fr Pierre Sennès, le procureur de la République adjoint de Perpignan. "Depuis vendredi, aucun coup de téléphone n'a été passé sur le portable de la jeune femme et aucun retrait bancaire n'a été effectué sur son compte".
Retracer le parcours de la disparue
Depuis deux jours, une centaine de gardiens de la paix et de CRS ratissent le terrain et multiplient les auditions de témoins. En vain pour l'instant. La police cherche à reconstituer le parcours de 3 kilomètres de la jeune femme de son travail à son domicile. Un coin que les policiers de l'antenne perpignanaise du SRPJ de Montpellier connaissent déjà trop bien. Dans "ce triangle maudit" entre le quartier des Aviateurs et la gare de Perpignan, trois jeunes femmes ont disparu entre 1995 et 1998. Deux ont été retrouvées mortes, atrocement mutilées. Toutes avaient le même "profil" que Fatima Idrahou : jeunes, jolies, séduisantes, brunes et typées.
En décembre 1997, à moins de cent mètres du lieu de travail de Fatima, la police découvre le cadavre de Moktaria Chaïb, étudiante en sociologie de 19 ans. Son corps est planté droit dans le sol d'un terrain vague, écorché de plusieurs coups de scalpel. Un chirurgien habitant le quartier et exerçant grâce à de faux diplômes sera mis en examen pour ce meurtre. Il sera liberé en octobre 1998 mais gardé sous contrôle judiciaire, car durant son incarcération, une autre jeune fille, Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, est retrouvée assassinée à la périphérie de la ville le 26 juin 1998.
Conflit de générations
A ces deux meurtres toujours pas élucidés s'ajoute le mystère Tatiana Andujar. Cette lycéenne de 17 ans a disparu depuis septembre 1995 alors qu'elle revenait en train à Perpignan d'un week-end à Toulouse.
Mercredi, les policiers voulaient encore croire à une fugue de fatima Idrahou. "La jeune fille, native de Casablanca, est d'origine marocaine mais totalement européanisée dans sa vie de tous les jours. Selon des proches, elle était entrée en conflit dernièrement avec sa famille. Il n'est donc pas impossible qu'elle ait fugué pour échapper à ce climat de traditions trop lourd pour elle", confie un enquêteur à tf1.fr.
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