© INTERNEA peine revenu du Kosovo, revoici le "French doctor" au gouvernement : Bernard Kouchner a été nommé ce mardi après-midi ministre délégué à la Santé. Ce n'est pas une grande surprise : Lionel Jospin s'y était engagé avant même son départ pour Pristina et cet automne, le Premier ministre avait confirmé ses intentions lors d'une discrète rencontre avec le représentant de l'ONU au Kosovo.
Seulement, cette nomination arrive plus tôt que prévu. On ne l'attendait que pour après les élections municipales et un éventuel remaniement du gouvernement. Dans l'entourage du Premier ministre, l'explication de cet empressement est laconique : "Il fallait une personnalité forte pour prendre en charge les problèmes de santé publique et de sécurité sanitaire. (...) Bernard Kouchner est là, disponible. Pourquoi attendre alors qu'il y a des problèmes à résoudre tous les jours ?". D'autant plus que Dominique Gillot, jusqu'à aujourd'hui secrétaire d'Etat à la Santé, ne semblait pas à la hautur : "Il y a des sujets dont l'ampleur et la difficulté sont telles que ce n'était probablement pas la personne la plus apte à donner des réponses satisfaisantes", souligne-t-on de source gouvernementale. Une référence évidente à la gaffe faite par Gillot en pleine vache folle. Elle avait jugé "fort probable" une épidémie à venir de la maladie de Creutzfeldt Jakob. Matignon avait trouvé cette déclaration fort déplacée.
La vache folle, Jospin aurait sans soute bien aimé que Kouchner soit là pour s'en charger : Dominique Gillot n'avait visiblement pas les épaules pour gérer seule la crise, laissant Jean Glavany presque seul pour s'en charger. Le ministre providentiel est de retour. La sécurité sanitaire sera avec la santé publique l'une des deux missions dont il sera chargé.
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