Papa, maman, z'avez pas 100 balles et un appart ?

Par Bastien BONNEFOUS , le 22 février 2001 à 18h17 , mis à jour le 21 février 2001 à 18h40

Trois études de l'Insee à paraître aujourd'hui révèlent que les jeunes partent de plus en plus tard de chez leurs parents. Une réalité de tous les jours qui s'explique par l'indépendance financière tardive des filles et des garçons, notamment en matière de logement.

Vignette Société © INTERNE

Je suis jeune, en révolte et cherche par tous les moyens à m'affranchir de la tutelle de mes parents. Ça, c'était avant. Aujourd'hui, je reste dans ma chambre d'enfant alors que je suis un grand garçon, et quand je quitte le foyer familial, c'est pour aménager dans un appartement payé par papa et maman.

Cette réalité, un peu caricaturée, ressort de trois études très sérieuses menées par l'Insee en 1997 et qui paraissent aujourd'hui. Selon ces documents, l'âge moyen de départ des enfants de chez leurs parents n'a pas varié par rapport aux décennies précédentes : 24 ans pour les hommes, 23 pour les femmes. Sauf que quand ces jeunes partent, ce n'est pas pour l'aventure immobilière, mais "dans un premier logement payé par les parents ou mis à leur disposition par leur famille". Nuance.

Neuf fois sur dix,
ceux qui sont partis retournent
au bercail familial
après un an d'indépendance, problèmes professionnels obligent.

En 1997, 38 % des hommes et 30 % des femmes chez les 26-29 ans se sont retrouvés en pareil cas de figure, contre respectivement 18 % et 20 % cinq ans plus tôt. Mais tout varie selon le niveau d'études du jeune en question. 77 % des titulaires d'un CAP sont indépendants financièrement à cet âge puisque salariés depuis déjà quelques années, contre seulement 42 % de bacheliers. Un phénomène logique en période de crise économique depuis le milieu des années 70 et d'élévation de l'âge de fin d'études.

Autre logique : qui dit premier appart' tardif, dit premier enfant tardif. 28 ans pour la moitié des femmes, 26 ans pour les hommes. Une statistique en recul constant.

En revanche, ce qui n'a pas vraiment changé et ce depuis près d'un siècle, ce sont les raisons familiales à ces départs. "Un nombre croissant de frères et de sœurs ou le décès d'une mère accélère le départ, avoir des parents d'origine étrangère le retarde", selon l'analyse de l'institut démographique.

Seul comportement nouveau pointé par l'Insee : le développement des "situations intermédiaires" ou des "périodes d'essai". Filles et garçons conservent toujours leur chambre dans la maison parentale mais prennent en même temps un appartement personnel. "Résider chez ses parents tout en s'absentant plus de la moitié du temps peut être un mode de transition possible vers l'indépendance", note l'étude. Surtout quand on profite du retour chez papa-maman pour déposer le linge sale et vider le frigo. En 1997, un jeune sur dix bénéficiait de ce système "100 % d'avantages et zéro défaut".

Une ombre au tableau : neuf fois sur dix, celui ou celle qui est parti retourne au bercail familial après une année d'indépendance, problèmes professionnels obligent. Famille, je vous aime…

Par Bastien BONNEFOUS le 22 février 2001 à 18:17
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