© INTERNELes choses s'accélèrent pour Alfred Sirven depuis son retour en France. Après une première nuit passée à la prison de la Santé, il est arrivé en début d'après-midi au Palais de justice de Paris, où il a été présenté devant la onzième chambre du Tribunal correctionnel de Paris, en charge du procès Elf-Dumas. A sa descente de voiture, il a été accueilli par les applaudissements du public. Détendu, souriant, il a serré la main à Roland Dumas et Loïk Le Floch-Prigent, avant de faire la bise à Christine Deviers-Joncours, qui s'était levée pour l'embrasser.
L'audience n'a duré que quelques minutes : la présidente de la chambre, Sophie Portier, a donné comme prévu plusieurs semaines au prévenu pour préparer sa défense avant de reprendre le cours normal de la procédure. Suspendu depuis l'annonce de l'arrestation de l'ex-fugitif, le procès Dumas a été renvoyé au 12 mars. Le Tribunal correctionnel a refusé la mise en liberté provisoire d'Alfred Sirven.
Une célébrité de plus au quartier des VIP de la Santé
Soirée animée pour Alfred Sirven Sirven est le nouvel hôte du "secteur des particuliers" de la prison de la Santé à Paris. Numéro d’écrou : 274.725.Q. Cellule 132. Grande de 10 mètres carrés, elle jouxte celles de Maurice Papon et de Jacques Crozemarie (ARC). Dans la longue liste des "very important person" déjà incarcérées dans une des 17 cellules qui leurs sont réservées, Sirven succède à Jean-Christophe Mitterrand, Bernard Tapie, Loïk Le Floch Prigent, Pierre Botton ou encore Bernard Bonnet. S'ils ont le privilège d'être détenus seuls, les VIP n'en sont pas moins traités comme les autres résidents de la Santé, assure régulièrement la direction de la maison d'arrêt. A leur arrivée, ce sont les mêmes modalités d'écrou et de fouille. Leurs cellules « sont identiques aux autres avec un lit, une table, un coin lavabo-wc. Les repas sont les mêmes, servis à 11H45 et à 18H00. Il n'y a pas de surveillant attitré", explique-t-on. Comme tout le monde, ils peuvent s'ils le souhaitent louer une télévision ou cantiner, acheter des plats cuisinés, des cigarettes ou de la bière sans alcool.
Arrivé hier, vers 20 heures, à l'aéroport de Villacoublay, l'ex-numéro 2 du groupe pétrolier français avait aussitôt été conduit au Palais de Justice de Paris où il a passé plus de six heures dans la galerie financière. Présenté aux juges Joly, Vichnievsky et van Ruymbeke, l'homme clé de l'affaire Elf s'est vu notifier les charges pesant sur lui, dans le cadre des mandats d'arrêts délivrés le 13 juin 1997 dans le dossier Elf et le 17 septembre 2000 dans l'affaire des six frégates de Taïwan. D'après les témoins, Sirven n'a fait aucune déclaration aux juges sur le "fond" du dossier. A 3h 10 du matin, il a été transféré à la maison d'arrêt de la Santé, où une cellule l'attendait à l'étage des personnalités de la prison de la santé.
Une plainte pour vol
Un des avocats d’Alfred Sirven a annoncé son intention de déposer plainte pour le vol et le recel d'effets personnels de son client dans ses diverses résidences aux Philippines : documents, photos, et répertoire téléphonique…
Ce matin le Parisien révèlait qu’un carnet d’adresses téléphoniques contenant plus de 200 noms de personnalités avait été saisi par les Philippins au moment de son arrestation. Selon le quotidien, figurent dans le calepin notamment les noms de personnalités politique de droite et de gauche jamais mis en cause dans les multiples volets de l'affaire Elf par la justice. Figurent aussi certains noms de personnalités déjà mises en examen dans l'affaire Elf, comme André Tarallo, ex-PDG d'Elf-Gabon, et l'homme d'affaire André Guelfi. Pour l’heure, la justice française ne dispose que d'une photocopie de l'agenda. L'original aurait disparu.
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