Quand la droite veut encore y croire

Par Ludovic BLECHER , le 09 février 2001 à 11h45 , mis à jour le 09 février 2001 à 12h03

Jean Tiberi et Philippe Séguin ont, chacun de leur côté, réuni leurs partisans pour regonfler le moral des troupes alors que les sondages placent sans répit la droite parisienne au plus bas.

tiberi meeting 9/02/2001 © INTERNE

"Vas-y Titi, tiens bon, vas-y Titi, t'es bon, bon, bon"… Sur un air plein d'entrain entonné par le chanteur Franckie Vincent Jean Tiberi a pourfendu un "Paris repeint en rose" hier soir au Palais des Sports lors d'un meeting qu'il voulait le grand événement de sa campagne. Avec Charles Pasqua en "guest star", la grand messe n'a pourtant pas mobilisé les foules. Revendiquant 4.000 présents, Tiberi n'a pas atteint son ambitieux objectif : remplir les 5.000 places de cette salle, dont les travées supérieures (quelque 1.700 fauteuils) étaient désespérément vides. Conséquence, le cœur y était moins que le 25 octobre, quand le maire avait fait le plein à la Mutualité, ou en juin au théâtre de la Madeleine. C'est qu'entre-temps, les sondages placent sans répit la droite parisienne au plus bas, particulièrement les tibéristes, dont beaucoup (VIe, XVe...) sont sous les 10%.

Pour regonfler le moral de leurs troupes "Titi" comme Charles Pasqua ont concentré leurs attaques sur le programme socialiste, qualifié "d'utopie" à 7 milliards par an. Le président du RPF - six de ses candidats mènent les listes tibéristes - a par ailleurs exhorté à engager des "conversations" dans le but "d'affirmer aux Parisiens qu'il y aura fusion entre les deux listes" de la droite au deuxième tour à Paris. Déployant tous ses talents oratoires, le sénateur a fustigé les "dirigeants des partis institutionnels subventionnés" qui ont traité le maire sortant "d'une manière indigne". "Pour cette raison, je suis là ce soir. Il fallait que, dans cette bataille, une voix gaulliste s'élève", a-t-il lancé aux militants.

"Créer le sursaut"

Appelant à "créer le sursaut", le sénateur des Hauts-de-Seine a ajouté : "Si d'aventure cette fusion était refusée et que les résultats des municipales étaient désastreux, nous devrions ensemble en tirer la leçon : il conviendrait de se débarrasser des partis traditionnels qui auraient failli à leur mission." Charles Pasqua a ensuite repris place au premier rang du public, au côté de Xavière Tiberi, écharpe grise et lunettes blanches, très photographiée.

De son côté Philippe Séguin tenait lui aussi meeting. Il a rassemblé ses candidats au Musée des Arts forains, dans le XIIème, pour leur tenir un discours mobilisateur où il a utilisé de très nombreuses fois le pronom "nous"... Pour écouter ses têtes de listes, il avait auparavant pris place au deuxième rang entouré, à sa droite, de Roxane Decorte, sa jeune tête de liste dans le XVIIIème et, à sa gauche, de Jérôme Monod, conseiller à l'Elysée qui effectuait là sa première apparition publique.

Comme Tiberi, Séguin a concentré ses attaques sur le candidat socialiste. "M. Delanoë met en scène une pièce qui s'appelle 'la transparence, si je mens'. Il parle du cumul des mandats quand Daniel Vaillant le pratique de manière éhontée". Après avoir décliné son projet, le maire a, à nouveau, épinglé "l'utopie fantasque de M. Delanoë : avec lui, les jardins s'étendent, les crèches poussent partout...", a-t-il ironisé.

Par Ludovic BLECHER le 09 février 2001 à 11:45
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