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Les routes de l'exil

Edité par
le 17 février 2001 à 17h41 , mis à jour le 18 février 2001 à 17h06.
Temps de lecture
4min
naufrage var kurdes 5

Crédits : INTERNE

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SociétéComme les passagers du ''East Sea'', des dizaines de milliers de Kurdes fuient chaque année l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan ou la Turquie. Beaucoup tentent de rallier l'Angleterre, via la France. Mais les contrôles de plus en plus sévères rendent le passage difficile - et la technique de ''l'échouage volontaire'' pourrait être reprise par divers passeurs...

Il semble de plus en plus probable que le vraquier "East Sea" qui a fait naufrage, au cours de la nuit de vendredi à samedi, au large de Saint-Raphaël, ait été volontairement échoué sur un banc de sable. Une manière de mettre les autorités françaises devant le fait accompli, en les obligeant à organiser les opérations de secours pour récupérer les centaines de réfugiés kurdes qui se trouvaient à bord. Il s’agit d’une première sur les côtes françaises. Mais, estime-t-on à la police de l’air et des frontières, un tel naufrage "pourrait bien ne pas être le dernier, car il risque de donner des idées" à certains réseaux.

La voie maritime s'allonge jusqu'au Maghreb

Pour les immigrants clandestins kurdes, la France ne constitue en fait qu'un "pays de rebond" en direction de la Grande-Bretagne, destination finale espérée par ces hommes, femmes et enfants fuyant l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan et la Turquie. La plupart des migrants kurdes illégaux interpellés sur le sol français sont d’ailleurs arrêtés dans le Nord de la France.

25.000 clandestins
voulant gagner
l'Angleterre
ont été interpellés
dans le Nord
de la France
au cours de
l'année 2000.

Des trois voies (aérienne, terrestre et maritime) utilisées par les passeurs de kurdes, la voie maritime est actuellement la plus importante. Elle leur permet d'arriver jusqu'en Italie, soit directement sur la côte adriatique depuis les Balkans, soit en Calabre et en Sicile après des relais par Chypre ou la Turquie. Depuis quelques temps, face aux différents dispositifs de contrôle mis en place par les pays de transit, la voie maritime s'allonge jusqu'au Maghreb pour atteindre Gibraltar et les côtes espagnoles. La voie terrestre est également beaucoup utilisée. Ainsi, nombreux sont les candidats à l'immigration vers la Grande-Bretagne à arriver en Italie par la frontière italo-slovène, avant de gagner, en camion surtout, ou en combis parfois, Modène, Vintimille ou, en France, Menton. De là, par le rail ou par la route, les clandestins sont acheminés jusqu'en Grande-Bretagne via Calais où, s'ils sont découverts avant la fin de leur périple, il leur en coûtera 3.000 mark supplémentaires pour prétendre à la traversée de la Manche.

Changement de stratégie chez les passeurs ?

En 2000, 25.000 clandestins voulant gagner l'Angleterre ont été interpellés dans le Nord de la France. Un chiffre qui devrait vraisemblablement plus que doubler en 2001, voire tripler, selon des projections effectuées par rapport au nombre des interpellations réalisées depuis le 1er janvier. Cette augmentation du nombre d'interpellations vient en partie du fait que les services de police, mais aussi la chambre de commerce et d'industrie du Pas-de-Calais ou encore Eurotunnel ont augmenté les dispositifs de contrôle. Des dispositifs techniques plus performants, tel que celui de la détection du gaz carbonique pour déterminer la présence de clandestins à bord de véhicules ou dans des caches diverses vont être mis en place. Parallèlement, en 2000, près de 500 passeurs ont été arrêtés, dont plus de 300 condamnés à des peines de prison ferme et à des amendes. Ce qui expliquerait un possible changement de stratégie des passeurs. L’échouage volontaire d’un bateau chargé de réfugiés pourrait en faire partie…

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