© INTERNESciences-Po, creuset historique de l'égalitarisme républicain et de la méritocratie citoyenne, accentue en fait les inégalités sociales. Selon une récente étude de deux sociologues, Madani Cheurfa et Vincent Tiberj, 72% des élèves admis ont des parents enseignants ou cadres supérieurs. "La proportion des enfants des classes sociales supérieures est passée de 77% en 1987 à 81,5% en 1997", précise l'étude.
Résultat : les enfants d'employés sont six fois moins représentés qu'à l'université, et les enfants d'ouvriers douze fois moins. C'est pour lutter contre ces inégalités croissantes que la direction de la grande école a choisi d'ouvrir ses portes aux bacheliers des lycées défavorisés. Et ce dès la rentrée prochaine.
Elle a signé des conventions avec sept lycées de la banlieue parisienne et de la région nancéenne qui vont repérer leurs meilleurs éléments de terminale et leur proposer d'intégrer Sciences-Po sans présenter le concours habituel. Ils devront simplement passer "un entretien de motivation et de ritualisation". Pour l'instant, seules deux catégories d'étudiants bénéficient du privilège de ne pas passer le concours : les bacheliers ayant décroché une mention très bien (environ 100 admis) et les étudiants étrangers.
15 % des effectifs de première année
La direction table sur une vingtaine d'élèves de ZEP (Zone d'éducation prioritaire) en 2001, l'objectif étant à terme d'en recruter une soixantaine, soit 15% des effectifs de première année. "L'enjeu symbolique est très fort", explique à tf1.fr Cyril Delhay, normalien et professeur au collège Jean-Vilar de La Courneuve, et chargé du projet par le directeur de Sciences-Po. "Les lycées partenaires ont été enthousiastes dès le départ. En interne, en revanche, quelques dents ont grincé, craignant une politique des quotas".
Durant l'année de terminale, les élèves présélectionnés devront préparer un travail de recherche ainsi qu'une note de synthèse sur l'étude d'un dossier de presse. Une fois à Sciences-Po, ils bénéficieront d'un soutien financier - 40 000 francs annuels de bourse et 20 000 francs d'aide au logement – et d'un tutorat étudiant et professoral en interne.
"Ces élèves, à leur arrivée, n'auront peut-être pas la culture générale de la majorité des autres étudiants mais ils possèderont une culture personnelle qui viendra enrichir l'école", prédit Cyril Delhay.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




