© INTERNEHier soir, Philippe Séguin était reconnaissant. Merci, monsieur d'Arvor, merci de m'avoir invité, alors que partout ailleurs, on me donne déjà vaincu sans me donner la parole. Il a parfait son rôle de valeureux persécuté, a ressorti ses arguments tenaces et ses métaphores déjà très éprouvées : "vous invitez l'ours que je suis et dont on essaye de vendre la peau. Mais l'ours est plus vivant que jamais, et décidé à en découdre". Le matin même, Patrick Devedjian, porte-parole du RPR, avait estimé "très possible que la droite ait perdu Paris". Mais Séguin reste droit : "les chiens aboient - je vous concède qu'il y en a beaucoup - et la caravane passe, ou essaie de passer. Retenons quelque chose de positif de cet épisode : chacun aura pu constater que je ne suis pas le candidat d'un appareil, à la différence de M. Delanoë. Je serai un maire libre".
Surtout, hier soir, Philippe Séguin a retourné sa veste et a accepté ce qu'il refuse depuis trois mois : un débat avec Bertrand Delanoë. Après avoir balayé la question Tiberi en expliquant que "le maire de Paris, ce sera M. Delanoë ou moi", il a proposé à son adversaire socialiste "un face à face, homme contre homme, projet contre projet".
Proposer ce débat, c'était pour le candidat de la droite à la mairie de Paris l'occasion révée de se débarasser de l'encombrant Tiberi, en le niant, en lui accordant autant d'intérêt qu'à un parasite. "Ce sera Delanoë ou moi" : Séguin l'a répété à de nombreuses reprises. Il veut arrêter "la politique politicienne", parler "des vrais problèmes" avec son seul rival. Il veut évoquer la sécurité : "Dans le XVIIIème, j'ai vu plusieurs femmes qui se promènent avec un sifflet en guise de pendentif pour appeler à l'aide au cas où elles seraient agressées. Je propose une police municipale. M. Delanoë est contre. Il faut qu'il explique pourquoi".
Et Delanoë est prêt à s'expliquer. Un peu plus tard dans la soirée, lors d'un meeting dans le XVIe arrondissement, il a indiqué qu'il acceptait "bien entendu" dé débattre avec son adversaire RPR, sans manquer de rappeler qu'il avait proposé un tel débat en octobre dernier : "Je m'empresse de lui dire oui, et j'accepte bien entendu son changement de position qui nous permettra enfin d'avoir un débat projet contre projet. (...) Je prends acte de l'acceptation tardive par M. Séguin de ma proposition d'octobre". Ce revirement est selon lui dû aux sondages catastrophiques pour la droite à Paris.
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