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Alfred Sirven, le grand absent du procès Dumas- Sirven, parcours d’un homme secret
- Les premières images d'Alfred Sirven
- Vers un report du procès Dumas
- ''Quand la politique et l'argent s'emmêlent...''
![]() Alfred Sirven sous escorte policière - DR |
La déclaration de la porte-parole du parquet général de Francfort est au conditionnel - on est jamais trop prudent. Mais cela semble sûr : Alfred Sirven devrait être sur le sol français dans la journée. "Il se pourrait qu'il soit extradé dès aujourd'hui. Nous allons essayer de faire en sorte que son extradition ait lieu le plus vite possible", a déclaré la porte-parole. Sirven ne devrait toutefois pas être là pour la reprise du procès Dumas, qui devrait donc connaître un report.
On voit en effet mal comment Sirven pourrait se trouver à 13H30 devant la 11ème chambre correctionnelle de Paris, en compagnie de ses six coprévenus, à l'heure où le parquet devait prononcer ses réquisitions après quinze jours de débats.Chacun, parties et parquet, donnera alors ses arguments sur la meilleure procédure à adopter après cette réapparition soudaine de Sirven. Le tribunal présidé par Sophie Portier ordonnera presqu'à coup sûr une suspension de plusieurs jours ou plusieurs semaines des débats, le temps que Sirven puisse préparer sa défense pour être confronté à ses coprévenus. Le début de polémique né de l'épisode de l'étape en Allemagne s'est à peu près éteint, dimanche, après que le Premier ministre, Lionel Jospin, et la ministre de la Justice, Marylise Lebranchu, eurent justifié l'expédition le plus rapide possible de Sirven des Philippines dans "l'espace judiciaire européen", le premier avion direct à destination de la France ayant été manqué de peu vendredi.
Pas de "bord à bord"
"Nous ne voulions pas courir le risque d'être obligés de rester 24 heures ou 48 heures aux Philippines et qu'il disparaisse" a indiqué Lionel Jospin. "On a choisi une solution qui était celle de la sécurité", a renchéri Marylise Lebranchu. Elle a expliqué qu'initialement "le bord à bord" - le transfert direct d'un avion à l'autre sur l'aéroport de Francfort - "avait été convenu entre les autorités françaises et les autorités allemandes", mais qu'elles ont finalement pensé que, "pour éviter tout recours sur une procédure qui ne serait pas totalement bouclée, elles préféraient l'arrêter au titre des mandats d'arrêts internationaux", engageant ainsi la procédure plus lourde de l'extradition, même simplifiée.
On avait craint aussi que Sirven, après avoir annoncé son intention d'accepter cette procédure simplifiée, change d'avis lundi, et formule des recours qui retarderaient plusieurs mois son retour d'Allemagne. Cela semble néanmoins peu probable. La juge Joly a ainsi fait remarquer que "tous les mois qu'il passerait ainsi en prison en Allemagne ne seraient pas décomptés de la peine d'emprisonnement qu'il encourt en France", contrairement à la détention qu'il devrait subir à son retour.
Restait, dimanche soir, l'hypothèse que les Allemands veuillent profiter de la présence d'Alfred Sirven sur leur territoire pour l'entendre dans l'affaire Leuna, une affaire de commissions qui auraient pu financer l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de l'ancien chancelier Helmut Kohl, ce que la CDU dément. Un membre de la commission d'enquête sur les caisses noires de la CDU a publiquement réclamé cette audition. Mais, là encore optimiste, la juge Joly a affirmé avoir "des assurances et des garanties" que "les juges allemands n'ont aucunement l'intention de développer des procédures dans leur pays" contre Sirven. Le parquet général de Francfort vient de confirmer.
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