© INTERNELes catastrophes se suivent et se ressemblent. Après les naufrages de l'Erika et du Ievoli Sun, c'est un chimiquier maltais qui a fait naufrage, mardi matin, dans le golfe de Gascogne. Le Balu contiendrait 8.000 tonnes d'acide sulfurique. On ignorait à la mi-journée si les cuves du navire, qui a coulé à 350 km au sud-ouest de la pointe de Penmarc'h (Finistère) et à environ 220 km au nord du cap Ortegal en Espagne, étaient victimes de fuites. Toutefois, selon la radio nationale espagnole, une partie de l'acide sulfurique transporté par ce cargo se serait déversé dans la mer.
Le cargo maltais, qui venait de Frederikshavn au Danemark, se rendait au sud de l'Espagne. Il a lancé un avis de détresse, capté par le Crossa Etel peu avant 9 heures ce matin. L'ensemble de l'équipage, composé de 23 marins, a pu être sauvé par un hélicoptère de la marine espagnole. Le ministère des Transports "a immédiatement diligenté une enquête technique et administrative confiée au Bureau-Enquêtes-Accident Mer (BEA-Mer) pour connaître rapidement les causes de ce nouvel accident et pour en tirer les enseignements nécessaires". La Marine française a par ailleurs immédiatement organisé une surveillance aérienne de la zone du naufrage. Un avion Polmar des Douanes a également été dépêché sur place.
Le "Ievoli Sun" en train de couler-
Une déchirure de ballast ?
Selon le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Atlantique(Crossa), le naufrage serait probablement dû à une "déchirure de ballast". "Les ballasts, vides lorsque le chimiquier est chargé, comme c'était le cas, se sont remplis d'eau sur les côtés, probablement après une déchirure, ce qui a occasionné une gîte du navire", selon le Crossa. "Il y avait des vagues déferlantes à ce moment là. Elles ont recouvert le pont du navire qui a sans doute repris de l'eau par les sorties d'aération", a-t-il ajouté.
Le ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement précise que le navire, âgé de 24 ans, avait été contrôlé par la société de classification bureau Véritas. La dernière visite effectuée à bord du chimiquier au titre du mémorandum de Paris a eu lieu le 29 décembre 2000 à Augusta (Italie). Le navire "avait alors été retenu durant une journée", précise le communiqué du ministère.
L'environnement n'est pas menacé
Selon le centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), ce naufrage ne devrait avoir qu'un très faible impact sur l'environnement. "Le navire a coulé par 4.600 mètres de profondeur, très loin du plateau continental et des zones de reproduction. Même si de l'acide s'est échappé entre la surface et le fond, il devrait se dissoudre, comme tous les acides, très rapidement dans l'eau de mer", a précisé Christophe Rousseau, adjoint au directeur du Cedre. "La faune ne devrait être touchée que ponctuellement et très peu dans le temps. L'acide a une densité presque deux fois plus importante que l'eau de mer. Il aura tendance à se diluer au fond. Il n'y a pas de persistance ni de bioaccumulation, ce qui constitue un risque minime pour l'environnement", a-t-il ajouté.
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