Dominique Gillot : "Un choix en toute sérénité"

Par , le 21 mars 2001 à 20h50 , mis à jour le 20 mars 2001 à 21h23

La secrétaire d'Etat aux personnes âgées et aux handicapés, ex-secrétaire d'Etat à la Santé, a annoncé mardi sa décision de quitter le gouvernement pour se consacrer à ses fonctions de maire d'Eragny-sur-Oise. Elle confie à tf1.fr les raisons de son départ.

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La secrétaire d'Etat aux personnes âgées et aux handicapés, Dominique Gillot, a annoncé mardi sa décision de "quitter le gouvernement" pour se consacrer à ses fonctions de maire d'Eragny-sur-Oise dans le Val-d'Oise et de conseillère générale de ce département.

tf1.fr : Pourquoi avez-vous pris la décision de quitter le gouvernement alors que la plupart de vos collègues ont déjà annoncé qu’ils conserveraient leurs portefeuilles ?

Dominique Gillot : J’ai engagé mon combat de reconquête d’Eragny-sur-Oise de longue date. En 1995, j’ai été battue par la droite. Cette fois, après une campagne difficile (Dominique Gillot n’a été élue qu’avec trois voix d’avance, ndlr), j’ai eu plus de succès. Je ne veux pas trahir la confiance de mes électeurs ni tourner le dos à cette réussite. Certains de mes collègues au gouvernement peuvent s’éloigner quelque peu de leurs responsabilités de maire parce qu’ils sont confrontés à des situations différentes dans leurs municipalité. C’est un choix que chacun fait avec sa personne.

tf1.fr : Vous n’auriez pas quitté le gouvernement sans la règle du non-cumul ?

D.G. : Lionel Jospin a été très clair : on ne cumule pas deux mandats exécutifs. C’est donc un choix qu’on ma demandé de faire et que j’ai posé en toute sérénité pour les raisons que je viens d’exposer. Je ne peux pas dire avec certitude que j’aurais pu assumer les deux mandats de front mais je m’étais organisée pour le faire au mieux. Quoi qu’il en soit, la question ne se pose pas. Ce n'est pas non plus une rupture. Je ne tourne le dos à rien.

tf1.fr : Vous quittez le gouvernement alors que la réorganisation du secrétariat d’Etat aux personnes âgées et aux handicapés est à peine achevée. Vous n’avez pas de regret ?

D.G. : Bien sûr que si. C’était une expérience passionnante et enthousiasmante. Je suis une militante de longue date. Ces fonctions ministérielles m’ont donné l’opportunité de concrétiser les aspirations des gens de terrain. Ainsi, en tant que secrétaire d’Etat à la Santé, j’ai eu la joie de réformer les études médicales, d’organiser les réseaux de prise en charge des personnes en fin de vie, de donner l’impulsion à un "plan cancer" qui réponde aux besoins des professionnels, etc. Mon départ n’est pas une rupture, je ne tourne pas le dos à cette période.

tf1.fr : Vos déclarations à la presse sur la crise de la vache folle ont été jugées alarmistes. Certains y ont même vu une cause de votre fragilisation au sein du gouvernement. Quelle analyse faites-vous aujourd’hui de ces moments ?

D.G. : Je revois les choses de la même manière. Il n’y a pas eu d’erreur de gestion. J'ai donné une réponse sincère à une question directe d’un journaliste (Dominique Gillot avait prévenu qu’il fallait s’attendre à de nouveaux cas de Creutzfeldt-Jacob dans la population française, ndlr ). Il n’y a eu aucun accroc avec Lionel Jospin à cette occasion.

tf1.fr : Au vu des répercussions que vos déclarations ont eu dans la presse et dans la population, vous êtes-vous demandée si vous aviez bien agi ?

D.G.: Je n’ai eu aucun doute sur ma façon d’agir. Aucune responsabilité, même ministérielle, n’empêche de dire la vérité. Il est vrai que j’ai été au cœur d’un effet médiatique avec une accélération des commentaires de toute part et, en particulier, ceux du président de la République.

tf1.fr : Comment vivrez-vous le passage d’une fonction nationale à une fonction de proximité ?

D.G.: J'aurai le même comportement. Ce sont les motivations qui diffèrent. Je vais pouvoir développer sur le terrain les relais locaux des décisions prises par le gouvernement, en particulier en matière sociale. Je compte ouvrir des permanences d'éducation pour la santé ou développer la politique locale relative aux personnes malades.

Par David Straus le 21 mars 2001 à 20:50
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