© INTERNELa grande " vague rose " n’a pas eu lieu. Le " vote sanction " non plus. Au vu des résultats du premier tour des municipales, la gauche dispose d’une avance sensible sur la droite à Paris, fief de la " chiraquie ", qu’elle paraît désormais en mesure de remporter au second tour. En revanche, en province, les résultats sont plus disparates, en raison d’une bonne résistance de la droite. A noter que les Verts, malgré la défaite de Dominique Voynet, obtiennent de bons résultats nationaux, notamment à Paris et à Lille. Si l'extrême droite a, quant à elle, globalement reculé, elle a bien résisté dans trois de ses fiefs et se trouve même en position de se maintenir dans plusieurs localités au second tour. A Orange, Jacques Bompard a même été réélu dès le premier tour avec près de 60% des suffrages.
Le premier tour des municipales aura surtout vu triompher l'implantation locale et le travail de terrain dans un grand nombre de villes de plus de 30.000 habitants, à l'occasion d'un scrutin où les Français ne se sont pas bousculés aux portes des bureaux de vote pour élire leur nouveau maire. Le taux d'abstention atteint un taux record de 38,73%, contre 30,6% en 1995. Le plus mauvais score jamais recensé à des élections municipales sous la Ve République.
Plusieurs ministres évincés
Le Parti socialiste peut se féliciter de quelques belles victoires. Ainsi à Tulle, préfecture de la Corrèze, son Premier secrétaire François Hollande est-il sorti vainqueur dès le premier tour de son duel avec le maire RPR sortant Raymond-Max Aubert. A Pau, André Labarrère est réélu pour un sixième mandat. A Dunkerque (Nord), l'ancien ministre Michel Delebarre frôle également l'élection au premier tour.
Mais plusieurs poids lourds du gouvernement n'ont pas réussi leur pari : Jean-Claude Gayssot et Dominique Voynet, battus dès le premier tour à Béziers et à Dole, et Elisabeth Guigou qui ne peut espérer l'emporter à Avignon. Ces échecs sont des résultats que la droite ne manquera pas de mettre en avant pour atténuer la perte possible de Paris. Autres scores décevants pour les leaders PS : Martine Aubry à Lille avec 34,8 %, même si elle devrait facilement l'emporter dimanche prochain, Jack Lang à Blois (Loir-et-Cher) et Yvette Roudy à Lisieux (Calvados).
Paris voit rose, suspense à Lyon et Toulouse
Dans la capitale, Philippe Séguin subit un échec personnel. Dans le XVIIIe, où se présentait le candidat PS Bertrand Delanoë, la liste qu'il conduisait n'a même pas atteint les 20%, talonnée par celle des Verts. Cette défaite personnelle place l'ancien maire d'Epinal en situation très fragile face aux exigences du maire sortant Jean Tiberi, exclu du RPR. La gauche est en position favorable dans trois arrondissements-clés de Paris : les XIIe, XIIIe et XIVe et paraît donc bien placée pour gagner. Dans le Ve, Jean Tiberi obtient 40%, contre 27% à la liste Delanoë de Lyne Cohen-Solal, et 9,7% à la liste de Philippe Séguin menée par Henri Guaino. Jean Tiberi s'est félicité du résultat "remarquable" de ses listes et a appelé à la fusion des listes de droite dès dimanche soir.
A Lyon, la situation est des plus complexes pour la succession de l'ancien Premier ministre Raymond Barre. Les résultats mettent en tête le socialiste Gérard Collomb avec 33 % des voix, et les frères ennemis de la droite, l'UDF Michel Mercier (24,4 %) et Charles Millon(23%), sont au coude à coude, l'ancien ministre de la Défense créant la surprise.
A Toulouse, le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, le chiraquien Philippe Douste-Blazy, tentait de succéder à Dominique Baudis -réélu au premier tour en 1995. Il arrive largement en tête devant le candidat socialiste François Simon. Mais la clé du scrutin est détenue par la liste alternative du groupe Zebda, les Motivé-e-s. Tout dépendra de sa décision de se maintenir ou non et du comportement de ses électeurs.
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