© INTERNETf1 .fr : La véritable explosion de fièvre aphteuse à laquelle on assiste en Grande-Bretagne semble la conséquence d’un tragique concours de circonstances. Il a fallu pas moins de dix jours pour que les premiers cas soient diagnostiqués. On trouve aussi, à l’origine de cette maladie, les fameuses "eaux grasses" qui ont déjà été mises en cause lors de plusieurs affaires de contaminations d’élevages. Comment cette épizootie a-t-elle pu se déclencher aussi facilement ?
Le foyer qui est qualifié de "primaire" par les autorités anglaises semble être la ferme d’un éleveur de truies en "fin de carrière". Ces truies étaient destinées à l’abattage. Ce qui explique la lenteur du diagnostic : cet éleveur ne devait sûrement pas faire appel de façon régulière à un vétérinaire. Ses animaux étant en "fin de carrière économique", leur bonne ou leur moins bonne santé n’avait pas, sur le profit qu’il pouvait en tirer, une influence extraordinaire (et je parle de "profit" sans aucune intention péjorative).
![]() Des porcs aux moutons, puis aux bovins : une propagation exponentielle |
Dans tous les cas, l’attention portée à ces truies était assez peu soutenue. S’il y a eu des lésions chez certains de ces animaux, elles n’ont pas été signalées immédiatement à un vétérinaire. Or, après quelques jours, les signes extérieurs de maladie ne sont plus très caractéristiques. Par ailleurs, le virus, chez les moutons qui ont pu être infectés par la suite (2)
, ne provoque chez les adultes que des signes extérieurs très frustes. Si les animaux sont malades, on en voit rien, ou que très peu de choses. Et durant cette période, où les échanges d’animaux sont intenses, puisque cela correspond au moment de la mise sur le marché, la propagation du virus en est largement facilitée.Tf1 .fr : Mais ces "eaux grasses" sont régulièrement montrées du doigt lors de scandales touchant des élevages. N’y a-t-il pas des mesures de désinfection ? Ou alors, les éleveurs ne les respectent-ils pas ?
La profitabilité de la production porcine est toujours limite. Or, pour que les "eaux grasses" soient sans danger, il faut qu’elles soient chauffées, à une température précise, et durant un certain laps de temps. Si un éleveur commence à avoir des pertes, c’est-à-dire si le prix de la vente d’un cochon ne couvre pas le coût de l’élevage, il aura bien sûr tendance à réduire les traitements thermiques qui doivent être appliqués à la nourriture. Il y a là véritablement un risque structurel. Et la maîtrise des paramètres de cuisson ne peut être assurée à tout moment. Et la seule bonne solution – qui semble d’ailleurs être celle vers laquelle se dirige l’Union Européenne – serait l’interdiction pure et simple des "eaux grasses".
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(1)
L’éleveur en cause, Bobby Waugh, dirigeant une exploitation avec son frère à Heddon-on-the-Wall dans le comté du Northumberland, a déclaré dès les premiers jours de l’épizootie, dans les colonnes du Times, que la nourriture qu'il donnait à ses cochons comprenait des restes des repas de cantines scolaires et de restaurants situés à Newcastle. Par ailleurs, les experts sanitaires estiment que la souche virale qui a contaminé le cheptel anglais vient d'Asie.(2)
La maladie s’est déclarée tout d’abord dans un élevage de porcs, avant de toucher très rapidement les moutons.
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