Les enjeux du scrutin

Par Philippe MATHON , le 11 mars 2001 à 14h57 , mis à jour le 09 mars 2001 à 17h46

Près de 40 millions de Français votent aujourd'hui dans leurs 36 773 communes pour élire un nouveau maire. L'occasion de connaître le nouveau rapport des forces politiques en France à un an de la présidentielle et des législatives.

39% des électeurs demeurent indécis | DR © INTERNE

Ce soir, l'attention se focalisera surtout sur Paris, Lyon et, dans une moindre mesure, Toulouse. Trois villes à portée de main de la gauche. Trois conquêtes qui donneraient des ailes à un an des législatives et présidentielle. Autres municipalités gagnables pour la gauche : St-Etienne, Dijon, Reims, Nancy, Vitrolles et Caen.

La droite, si elle devait perdre tout ou partie de ces trois bastions, en sortirait défaîte. Ses responsables ont le regard braqué sur Toulon, Le Mans, Rouen, Tours ou Quimper. Autant de villes à gauche qu'ils aimeraient bien voir basculer.

Dans certains cas, le maire sortant pourrait être reconduit sans trop de problèmes. C'est le cas à Bordeaux (RPR), Marseille (DL), Nantes (PS) et Montpellier (PS).

Des ministres en danger

En annonçant leur candidature aux municipales, les ministres de Lionel Jospin pensaient sans doute que leurs fonctions seraient un "plus" dans la campagne. Etre au gouvernement, c'est faire comprendre que l'on peut débloquer n'importe quelle situation grâce aux "appuis" parisiens. Le raisonnement, longtemps d'actualité, a vécu. Aujourd'hui, les citoyens réclament autant l'honnêteté que la proximité de leur maire. Mieux vaut un maire à plein temps qu'une personnalité à éclipses.

Résultat : la tâche est rude pour l'équipe du Premier ministre. Elisabeth Guigou (Avignon), Dominique Voynet (Dôle), Jean-Claude Gayssot (Béziers) l'ont vite compris, recentrant progressivement leur discours sur les problèmes locaux. Suffisant pour faire mentir les sondages qui les donnent tous les trois perdants ? Premiers éléments de réponse ce soir.

Une inconnue : l'abstention

La "vague rose" aura-t-elle lieu ? A gauche, on refuse de l'évoquer. Par superstition. A droite, on appelle les électeurs au "sursaut" pour éviter "l'Etat socialiste". Mais beaucoup d'élus de province craignent que l'onde de choc parisienne ne rejaillisse jusque dans leurs contrées. La réalité sera sans doute plus contrastée : si Paris peut réellement basculer à gauche, les résultats de province ne devraient pas bouleverser le paysage politique français. En 1995, les élections municipales s'étaient soldées par une relative stabilité, avec seulement 16 basculements à gauche (Grenoble, Rouen) et 22 basculements à droite (Marseille, Avignon ou Le Havre).

Reste une inconnue de taille : le taux d'abstention. Les nombreux sondages réalisés pour le scrutin ont montré qu'il promettait d'être important. En 1995, près d'un électeur sur trois avaient snobé le premier tour, le taux le plus élevé depuis 1947 pour des élections municipales.

Par Philippe MATHON le 11 mars 2001 à 14:57
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