© INTERNELa droite, si elle devait perdre tout ou partie de ces trois bastions, en sortirait défaîte. Ses responsables ont le regard braqué sur Toulon, Le Mans, Rouen, Tours ou Quimper. Autant de villes à gauche qu'ils aimeraient bien voir basculer.
Dans certains cas, le maire sortant pourrait être reconduit sans trop de problèmes. C'est le cas à Bordeaux (RPR), Marseille (DL), Nantes (PS) et Montpellier (PS).
Des ministres en danger
En annonçant leur candidature aux municipales, les ministres de Lionel Jospin pensaient sans doute que leurs fonctions seraient un "plus" dans la campagne. Etre au gouvernement, c'est faire comprendre que l'on peut débloquer n'importe quelle situation grâce aux "appuis" parisiens. Le raisonnement, longtemps d'actualité, a vécu. Aujourd'hui, les citoyens réclament autant l'honnêteté que la proximité de leur maire. Mieux vaut un maire à plein temps qu'une personnalité à éclipses.
Résultat : la tâche est rude pour l'équipe du Premier ministre. Elisabeth Guigou (Avignon), Dominique Voynet (Dôle), Jean-Claude Gayssot (Béziers) l'ont vite compris, recentrant progressivement leur discours sur les problèmes locaux. Suffisant pour faire mentir les sondages qui les donnent tous les trois perdants ? Premiers éléments de réponse ce soir.
Une inconnue : l'abstention
La "vague rose" aura-t-elle lieu ? A gauche, on refuse de l'évoquer. Par superstition. A droite, on appelle les électeurs au "sursaut" pour éviter "l'Etat socialiste". Mais beaucoup d'élus de province craignent que l'onde de choc parisienne ne rejaillisse jusque dans leurs contrées. La réalité sera sans doute plus contrastée : si Paris peut réellement basculer à gauche, les résultats de province ne devraient pas bouleverser le paysage politique français. En 1995, les élections municipales s'étaient soldées par une relative stabilité, avec seulement 16 basculements à gauche (Grenoble, Rouen) et 22 basculements à droite (Marseille, Avignon ou Le Havre).
Reste une inconnue de taille : le taux d'abstention. Les nombreux sondages réalisés pour le scrutin ont montré qu'il promettait d'être important. En 1995, près d'un électeur sur trois avaient snobé le premier tour, le taux le plus élevé depuis 1947 pour des élections municipales.
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