"Il va falloir aller plus vite"

Par Philippe MATHON , le 27 mars 2001 à 21h11 , mis à jour le 26 mars 2001 à 21h44

A l'occasion du conseil national du PS qui se déroule cet après-midi, Vincent Peillon, porte-parole du parti, dessine pour tf1.fr les futures orientations du gouvernement Jospin. L'occasion également d'éclaircir la position des uns et des autres au sein de la gauche plurielle, à l'heure où les Verts disputent aux communistes le titre de deuxième composante du gouvernement.

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Vincent Peillon, porte-parole du PS, dessine pour tf1.fr les futures orientations du gouvernement Jospin, à l'occasion du conseil national du PS qui se déroule cet après-midi. L'occasion également d'éclaircir la position des uns et des autres au sein de la gauche plurielle, à l'heure où les Verts disputent aux communistes le titre de deuxième composante du gouvernement.

tf1.fr : Cet après-midi, vous allez dresser le bilan des municipales lors du conseil national du PS. Avec le recul, quelles leçons en tirez-vous ?

Des leçons simples. Tout d'abord par rapport à certains commentaires, le bilan est tout à fait équilibré. Il y a des pertes, certes, mais aussi des gains importants comme à Paris et Lyon et surtout de belles victoires aux cantonales, où nous avons remporté six conseils généraux.

Aux municipales, les forces en présence, l'obstination de certains a fait que, parfois, on n'a pas su prendre les bonnes décisions. Vous savez, s'attaquer à des personnes qui militent depuis longtemps, ce n'est pas facile. Autant sur le plan politique que sur le plan humain. Le renouvellement que l'on célèbre de façon médiatique ne se fait pas comme ça. Parfois, on arrive même à faire recaler des jeunes, de sexe féminin et sans mise en examen et par contre, des vieux, mis en examen et cumulards arrivent à passer…

"On a peut-être vu
le problème  un peu tard,
mais aujourd'hui, 
il y a une décision politique"

tf1.fr : Dans quels domaines le PS va-t-il se consacrer dans les prochaines semaines ?

Notre travail s'oriente sur trois axes. Les jeunes, tout d'abord, qui ont très peu voté. La question des 18-25 ans - catégorie qui n'a pas droit au RMI - doit rapidement trouver des éléments de réponse. Ce que nous avions décidé pour eux lors du dernier sommet de la gauche plurielle, c'est un cadre financier en échange d'une formation et d'une insertion. Là, il faudrait le plus vite possible trouver des propositions concrètes.

Deuxièmement, le problème du pouvoir d'achat des classes populaires ou moyennes. C'es notre préoccupation depuis plusieurs mois. Nous avons installé la prime pour l'emploi. Certes, elle n'est pas dans le portefeuille des gens aujourd'hui pour des raisons constitutionnelles, mais c'est du pouvoir d'achat en plus : trois points par an sur trois ans, soit près de 10%. Bien sûr, on pourra nous objecter que tout cela arrive trop lentement, on a peut-être vu le problème un peu trop tard, mais aujourd'hui, il y a eu une décision politique.

Troisièmement, la précarité dans le travail. Nous avons déjà pris des initiatives dans la loi de modernisation sociale votée en février mais il faudra aller plus loin encore. Et bien sûr, comme prévu, il y aura un coup de pouce sur les revenus minimum en juillet

tf1.fr : Le gouvernement va-t-il modifier ses orientations ?

Non. Mais même s'il n'y a pas de désaffection pour le gouvernement, il va falloir aller plus vite sur certains points. Nous allons refaire un sommet de la gauche plurielle fin avril début mai pour confronter à nouveau nos analyses.

tf1.fr : Quelle gauche plurielle pour préparer les échéances de 2002 ? D'un côté, les Verts réclament le statut de deuxième composante de la gauche. De l'autre, le PCF, très fragilisé par les municipales, essaie par tous les moyens de continuer à exister. Un rééquilibrage de la gauche plurielle au sein du gouvernement est-il souhaitable ?

"La seule alternative
à la stratégie
de la gauche plurielle,
c'est la droite"

Je ne pense pas que c'est ce que l'on attend de la gauche plurielle. L'intérêt, c'est que tout le monde progresse ensemble. Pour autant, il ne faut pas remettre en cause les équilibres. Personne n'y aurait intérêt.

tf1.fr : Les Verts vous le demandent expressément !

Ils nous le demandent régulièrement, comme après les européennes. Le véritable enjeu, maintenant, c'est 2002. Dans la mesure où il n'y aura pas de proportionnelle aux législatives puisque nous avons pris la décision de ne pas changer le mode de scrutin , nous avons pris l'engagement que les Verts seront présentés pour ce qu'ils sont, le mieux possible. Ce qui intéresse les Français, ce sont les problèmes de fond, ce n'est pas si untel aura un secrétariat de plus ou de moins.

tf1.fr : Pas de risque de blocage entre le PS et les Verts, donc ?

Je n'y crois pas du tout. Je suis même sûr du contraire. La seule alternative à la stratégie de la gauche plurielle, c'est la droite. On doit travailler les uns avec les autres, et non les uns contre les autres.

Par Philippe MATHON le 27 mars 2001 à 21:11
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