Fièvre aphteuse : le tiercé sous conditions

Par Bastien BONNEFOUS , le 06 mars 2001 à 18h32 , mis à jour le 05 mars 2001 à 19h25

Les courses hippiques vont être très encadrées sur l'ensemble du territoire dès aujourd'hui et pour une quinzaine de jours. Le ministère de l'Agriculture ne veut prendre aucun risque de propagation de l'épizootie dans l'Hexagone. Les responsables d'hippodromes et les éleveurs de chevaux ne cachent pas leurs inquiétudes.

hippisme © INTERNE

La fièvre aphteuse galope plus vite que les chevaux. Le risque de propagation de l'épizootie, venue d'outre-Manche, pourrait entraîner l'annulation de plusieurs courses de chevaux et de concours hippiques sur le territoire français.

Le ministère de l'Agriculture a décidé d'interdire pendant quinze jours tout déplacement sur le sol national, d'animaux susceptibles d'être touchés par la maladie. Une décision qui inclut inévitablement les chevaux, qui ne sont pas porteurs de la fièvre mais peuvent en être des vecteurs importants.

Un luxe de précautions

Résultat, le ministère a encadré de manière très stricte les courses hippiques en France pour les jours à venir. Le propriétaire qui voudra transporter son cheval devra contacter les services vétérinaires de son département pour leur communiquer son heure de départ, le trajet qu'il va emprunter, sa destination, son heure d'arrivée prévue, l'immatriculation du véhicule qui va transporter l'animal, le nom du cheval et son numéro d'identification. Le propriétaire devra également être en mesure de présenter un certificat de désinfection du cheval et de son véhicule, obligatoire à l'aller comme au retour.

On ne sait encore si plupart des courses, prévues pour les quinze jours à venir, vont être annulées sur l'ensemble des hippodromes de France. Dès aujourd'hui en tout cas, celles qui devaient se dérouler sur l'hippodrome de Maisons-Laffitte (Yvelines) ont toutes été supprimées. Le tiercé prévu pour ce jour porte donc désormais sur le Prix de Poitiers, à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), où la réunion est maintenue. D'ores et déjà, les épreuves de sauts d'obstacles et de concours complets sont annulées pour les deux semaines à venir.

Lundi, les responsables de celui de Compiègne (Oise) ont dû prendre un luxe de précautions pour éviter toute contamination et permettre le bon déroulement de la réunion de courses PMU. Plusieurs mesures prophylactiques ont été assurées comme l'installation d'un tapis de paille imbibée de créosote, grésil et monoxyde de soude, que tous les chevaux et tous les professionnels ont foulé avant de pénétrer sur le site.

Un manque à gagner de plusieurs millions de francs

Un responsable de France Galop – l'instance qui gère les courses de plat – contacté par tf1.fr estime que "ce type de mesures peuvent être prises pour les autres hippodromes, afin d'éviter l'annulation pure et simple des courses". Car, si la plupart des responsables hippiques et des éleveurs de chevaux comprennent les précautions prises par le ministère de l'Agriculture, ils craignent une baisse très importante de leur chiffre d'affaires. "Une journée classique de courses rapporte entre deux et trois millions de francs, une journée événement plus de dix millions de francs", explique le responsable de France Galop.

Mais les chevaux ne sont pas les seuls concernés par cette nouvelle menace. Il y a également les rugbymen. Le match du Tournoi des Six Nations, France-Galles, prévu au Stade de France pour le 17 mars, est dès à présent en péril. Le week-end dernier, la rencontre Irlande-Galles avait déjà été reportée en raison de l'épizootie.

Par Bastien BONNEFOUS le 06 mars 2001 à 18:32
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