Fusion : Impossible

Par Philippe MATHON , le 14 mars 2001 à 20h23 , mis à jour le 13 mars 2001 à 20h41

MUNICIPALES 2001 : A quelques heures du dépôt des listes, mardi à minuit, Tiberi a finalement accédé aux demandes de Séguin en annonçant à 20h30 le retrait de ses listes dans les VIe, XIIe, XIIIe et XIVe, quatre arrondissements-clefs menacés par la gauche. La fusion des listes à droite n'aura donc pas lieu.

paris tiberi seguin © INTERNE

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Pierre Lellouche et Vincent Reina- AFP-
"Une leçon de dignité donnée à Séguin". C'est ainsi que l'on résumait, mardi soir dans l'entourage de Jean Tiberi, la décision de retirer les listes dans les VIe, XIIe, XIIIe et XIVe arrondissements de Paris pour le second tour des élections municipales. Quatre arrondissements aujourd'hui menacés de basculer à gauche et que la droite - unie ou pas - aura bien du mal à conserver. Mais l'essentiel, pour les tibéristes, est de ne pas apparaître comme les fossoyeurs de la droite parisienne. "On laisse cette responsabilité à Séguin qui commet une lourde erreur", insiste-t-on du côté de l'Hôtel de Ville.

Le premier tour des municipales ayant livré un score inattendu des listes tibéristes, il était devenu urgent pour certaines têtes de liste séguinistes de trouver un accord dans l'optique du deuxième tour. Mais un obstacle de taille a demeuré jusqu'au bout : l'attitude inflexible de Philippe Séguin. Mardi soir, celui-ci a, une fois de plus, affirmé son refus de fusionner ses listes avec celles de Jean Tiberi. Invité du 19-20 de France 3, il a affirmé : "Plutôt que de faire des listes de bric et de broc où tout le monde se renie et où l'électeur a le sentiment d'être trompé, nous disons : le mieux placé reste en place, on fait barrage à la gauche, et chacun fait son devoir républicain en votant contre la gauche".

Animosités

Philippe Séguin, candidat officiel de la droite (RPR-UDF-DL) dans la capitale, n'a toutefois pas digéré la décision de Pierre Lellouche de fusionner sa liste avec le tibériste Vincent Reina, dans le IXe arrondissement. Une "brèchouille", balaie-t-il d'un revers de main. N'empêche : le premier mènera la liste et sera maire de l'arrondissement en cas de victoire. Le second Reina figurera en deuxième position. "Pierre Lellouche est aujourd'hui un candidat tibériste, j'en prends acte", a regretté Philippe Séguin. Sans pouvoir de l'en empêcher.

Vincent Reina
"mène contre moi
une campagne de dénigrement
personnel, le plus souvent
insultante  et parfaitement
nauséabonde".
Pierre Lellouche, 6 mars 2001
  

Lellouche-Reina, un touchant rapprochement qui ne manque pas de sel : le député de Paris est l'une des personnes les plus honnis par les tibéristes. Durant la campagne, ses affiches ont été sans cesse recouvertes par ses adversaires tibéristes d'un bandeau cinglant "diviseur". Pire, des pierres ont été jetées sur sa permanence, faisant voler en éclats la vitrine. Depuis novembre 2000, il était la cible de l'Hôtel de Ville qui lui réclamait le remboursement de rémunérations perçues entre 1989 et 1993, d'un montant évalué entre 1,8 et 2 millions de francs pour avoir cumulé deux fonctions incompatibles, de conseiller diplomatique du maire de Paris Jacques Chirac et de conseiller auprès de la société Spie-Batignolles.

"La fusion des électorats, pas à la fusion des listes"

Qu'importe : Paris vaut bien tous les compromis. Certains ont cru que Michèle Alliot-Marie (MAM) appelait de ses vœux la fusion des listes de droite, mardi, lorsqu'elle affirmait que "les responsables parisiens des listes conduites par Philippe Séguin et Jean Tiberi" devaient "trouver, dans les heures qui viennent, arrondissement par arrondissement, les accords d'union qui sont indispensables pour remporter la victoire". "L'union c'est la fusion, autrement, ce n'est pas l'union", répondait immédiatement Jean Tiberi, avant que l'un des cadres du RPR, François Fillon, ne passe à l'explication de texte aux côtés de Séguin : non, MAM n'a jamais parlé de fusion et n'a jamais voulu parler de fusion. "Michèle Alliot-Marie a appelé à l'union, au rassemblement, au dialogue, à la fusion des électorats et pas à la fusion des listes". Nuance.

Il faut dire que la perte de Paris (et peut-être de Lyon et Toulouse) aurait des répercussions considérables au sein du parti gaulliste. D'abord, elle sonnerait le glas de la présidence de MAM au RPR. Plus grave, elle éclabousserait Jacques Chirac, quelques mois avant 2002.

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Par Philippe MATHON le 14 mars 2001 à 20:23
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