© INTERNECe matin, Guy Georges a refusé de sortir de sa cellule pour se rendre à la nouvelle journée d'audience de son procès devant la cour d'assises de Paris. Les policiers ont dû l'en sortir de force. Dix minutes après l'heure de reprise prévue, le procès n'avait toujours pas commencé : le présumé tueur de l'Est parisien était toujours nu, dans le couloir du dépôt du palais de justice.
Une fois maîtrisé, il est entré dans le box, et s'est contenté d'affirmer : "La justice, j'en ai marre, ça fait trente ans qu'on essaie de m'humilier. La justice, je lui pisse dessus". Puis : "Les rapports de force, ça ne mènera à rien, j'ai le droit de ne pas comparaître". L'air buté; il a ensuite conclu par un bref : "Je ne dirai plus rien".
"Nous apprécierons ce silence à sa juste valeur", a répondu le président Yves Jacob. "Ce silence est un droit", a-t-il ajouté. M. Jacob a alors ordonné qu'on passe à l'examen du quatrième assassinat reproché à Guy Georges, celui d'Agnès Nijkamp, dans son appartement du 11ème arrondissement de Paris, le 9 décembre 1994.
L'attitude rétive de Guy Georges apporte une nouvelle preuve, s'il en fallait, de la nervosité qui s'est emparée de lui depuis l'audience de vendredi dernier. Les avocats des parties civiles avaient réussi à déstabiliser l'accusé à plusieurs reprises, notamment en lui faisant répondre "oui" à la question "Quand vous tenez un couteau, vous frappez avec la main droite ?". Perturbé, Guy Georges avait demandé à réfléchir, expliquant "ce que j'ai à dire, ça ferait mal à tout le monde, je n'arrive pas à le dire". Tout le monde attendait des aveux pour ce lundi matin. Cela va être plus difficile que prévu.
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