© AFPSilence, on se querelle. Le PS réunit aujourd'hui son conseil national à huis clos pour tirer le bilan des municipales et des cantonales, discuter de son projet pour 2002, du calendrier de désignation des candidats aux sénatoriales et législatives et enfin des relations avec les partenaires de la majorité plurielle.
Officiellement, pas question de changer de cap avec la politique en place. Avec, à la clé, une solide méthode Coué pour ignorer les critiques. Les municipales qui ont vu la gauche perdre 39 villes de plus de 20.000 habitants ? En aucun cas une sanction pour l'équipe Jospin. Au pire, selon Jean Glavany, "un avertissement sans frais".
"Construire une alliance de classes"
Mais tout le monde n'est pas de cet avis. "Si le gouvernement ne suscite pas globalement de rejet, il n'a pas su trouver ou garder le contact avec une partie de sa base populaire", constatent amèrement les Verts Dominique Voynet et Alain Lipietz. Le président du groupe PS à l'Assemblée y va également de son petit conseil : "Dans la période qui vient de s'ouvrir, il faut, de mon point de vue, plus insister sur le social que sur le sociétal", observe mardi dans Libération Jean-Marc Ayrault, qui souhaite un "signal net" sur le Smic. Pour la sensibilité jospino-rocardienne, conduite par les ministres Alain Richard et Pierre Moscovici, la gauche doit retrouver pour gagner une "alliance de classes", "des catégories moyennes supérieures jusqu'aux catégories populaires".
A la gauche de la gauche, on réclame aussi un coup de barre plus prononcé. Une des cibles des critiques, parfois voilées, est la politique conduite par le ministre de l'Economie Laurent Fabius, "qui n'est pas insensible à la pression" libérale, selon le numéro un communiste, Robert Hue. M. Fabius s'en est défendu lundi en assurant que le gouvernement mène "une politique de gauche". Pour Jean-Marc Ayrault, "la politique du gouvernement n'est pas en cause, mais plutôt la façon dont elle est perçue sur le terrain". L'enjeu est donc de mieux l'expliquer, ce à quoi devraient s'employer le conseil national socialiste de ce soir, et le séminaire gouvernemental de samedi.
Le porte-parole du PS Vincent Peillon (voir interview) met en avant comme priorités la question des jeunes, avec notamment la mise en place d'une allocation autonomie évoquée lors du Sommet de la gauche plurielle de novembre 2000, la lutte contre la "précarité dans le travail", et le pouvoir d'achat "de ceux qui ont le moins".
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