Maurice Papon : "ni regrets, ni remords"

Par Bastien BONNEFOUS , le 01 mars 2001 à 11h45 , mis à jour le 01 mars 2001 à 12h06

L'ancien fonctionnaire de Vichy, condamné à dix ans de prison pour complicité de crime contre l'Humanité, clame toujours son innocence dans une lettre adressée à la ministre de la Justice.

l © INTERNE

"Comment exprimer regrets et remords pour un crime que
je n'ai pas commis ?"

Maurice Papon maintient la pression. L'ancien fonctionnaire de Vichy répond aujourd'hui dans les colonnes du journal "La Croix", aux propos de la garde des Sceaux, Marylise Lebranchu, sur sa libération anticipée, et nie encore et toujours les faits qui lui sont reprochés.

Le 21 février, la garde des Sceaux, dans un entretien au quotidien, avait estimé que la libération du détenu âgé de 90 ans était difficile à admettre car "il n'a jamais exprimé ni remords ni regrets".

Aujourd'hui, Maurice Papon répond à Marylise Lebranchu dans une lettre écrite depuis sa cellule à la prison de la Santé, en se demandant comment "je pourrais exprimer regrets et remords pour un crime que je n'ai pas commis et pour lequel je ne suis en rien complice ?".

Le 2 avril 1998, l'ancien fonctionnaire de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale a été condamné à dix dans de réclusion criminelle pour complicité de crime contre l'Humanité. Depuis, ses avocats réclament sa libération en raison de son âge avancé et de problèmes de santé.


Michel Zaoui, avocat des parties civiles :
"Ce qu'il ressent m'est complètement égal".-

Selon Michel Zaoui, avocat des parties civiles au procès et joint par tf1.fr ce matin, "Maurice Papon persiste et signe". "Il se rigidifie dans une image de pseudo résistant mais cette attitude ne fait que renforcer les parties civiles et les familles des victimes dans leur refus de toute compassion à son égard".

L'avocat ne veut pas entendre parler d'une libération anticipée au nom de l'humanité. "Ce qu'il ressent lui m'est complètement égal. Papon a pu se défendre pendant son procès, il a pu s'exprimer, on l'a attendu quand il était malade. Il a été condamné dans le plus grand respect des règles du droit et il doit donc rester en prison".

Le seul recours possible pour l'instant pour Maurice Papon est la grâce présidentielle mais selon Michel Zaoui, "une telle procédure serait très surprenante en l'état". "Que Maurice Papon nie être coupable ou même qu'il le reconnaisse et demande pardon, ne change rien au problème", estime le magistrat. "La libération anticipée d'un détenu n'est jamais liée à la reconnaissance par ce dernier de sa propre culpabilité".

Par Bastien BONNEFOUS le 01 mars 2001 à 11:45
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