Le meurtre d'une boulangère devant les assises de Seine-Saint-Denis

Par , le 13 mars 2001 à 16h56 , mis à jour le 12 mars 2001 à 17h15

Trois jeunes gens répondent à partir d’aujourd’hui devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis du meurtre d’une boulangère en 1998 dans son appartement de la Cité des Tilleuls au Blanc-Mesnil ( Seine-Saint-Denis).

Justice cour juges photo prétexte © INTERNE

Le 30 mars 1998, le corps de Janine Bedfert est retrouvé sans vie à son domicile. Cette boulangère de 67 ans, figure d'une cité d'environ 10.000 habitants, la Cité des Tilleuls au Blanc-Mesnil, a été violemment assassinée. Ce sont deux de ses employés, inquiets de son absence à la boulangerie, qui ont découvert le corps. La nouvelle du drame avait alors provoqué un vif émoi dans la cité. Connue de tous, elle y avait ouvert l'un des premiers commerces en 1964 et poursuivait son activité au côté de son fils.

Les trois meurtriers présumés comparaissent à partir d’aujourd’hui devant la cour d’assises de Seine-Saint-denis. Poursuivis pour "meurtre ayant pour objet de faciliter un vol par effraction et en réunion", Djamel Belarbi, 27 ans, Sékou Coulibaly, 26 ans, et Saïd Hamla, 23 ans, encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès, pour lequel le service d'ordre du tribunal va être renforcé, doit prendre fin jeudi soir.

A chacun sa version des faits

Si les explications des trois accusés devant le juge d'instruction restent confuses et contradictoires, les enquêteurs ont pu établir que Mme Bedfert a été frappée et étouffée et que des objets divers et sa voiture ont été dérobés. Par ailleurs, l'analyse ADN de taches de sang retrouvées sur les baskets de Djamel Belarbi, arrêté le lendemain des faits grâce au témoignage d'un proche, montre qu'il s'agit de celui de la victime. D'autres échantillons de sang appartenant à la victime ont été trouvés sur un casque de moto dans lequel les experts ont aussi découvert un cheveu de Djamel Belarbi. Celui-ci, après avoir nié en bloc, a finalement reconnu sa participation au cambriolage, tout en affirmant ne pas avoir frappé Mme Bedfert. Selon le jeune homme, dont l'expertise psychiatrique a mis en évidence impulsivité et déséquilibre de la personnalité, les co-accusés ont fait appel à ses services pour les aider à cambrioler la maison. Après avoir discrètement volé la voiture de la sexagénaire, il aurait attendu dans le jardin ses deux comparses toujours à l'intérieur, puis, ne les voyant pas revenir, se serait rendu à l'étage les surprenant en train d'étouffer Mme Bedfert à l'aide d'un manteau.

Des jeunes de la cité donneront toutefois aux enquêteurs une autre version du déroulement de la soirée. Alors qu'ils écoutaient de la musique avec Coulibaly et Hamla, Djamel Belarbi est venu leur demander de l'aide pour pousser une voiture d'un pavillon qu'il venait de "casser" (cambrioler). Eux avaient refusé mais pas les deux co-accusés, qui ne s'étaient absentés que quelques minutes. Toujours selon eux, Djamel Belarbi a rejoint le groupe deux heures plus tard, complètement surexcité, disant qu'il avait tué la boulangère et qu'il l'avait fait avec un "mec de Drancy" (Seine-Saint-Denis).

Les juges et les jurés auront deux jours pour démêler le vrai du faux.

Par Alexandra Guillet le 13 mars 2001 à 16:56
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