Michel Desmars, Motivé-e-s : "C'est sur le terrain que nous allons agir"

Par Propos recueillis par David MARQUIE , le 22 mars 2001 à 09h56 , mis à jour le 21 mars 2001 à 16h06

A Toulouse, la liste Motivé-e-s a gagné son pari en réussissant à obtenir quatre élus au conseil municipal. Pour ce mouvement associatif soutenu par le groupe Zebda, cette élection n'est pas une fin en soi. Au-delà d'une présence critique au sein du conseil, il compte bien poursuivre son action sur le terrain.

desmars2 toulouse municipales motivé-e-s © INTERNE

Quatrième élu de Motivé-e-s sur la liste de coalition de gauche, Michel Desmars, 59 ans, espère que la dynamique insufflée par son mouvement lors de ces municipales ne restera pas sans lendemain. Le "troisième tour" tant espéré ne fait que commencer.

tf1.fr : Maintenant que Motivé-e-s est présent au conseil municipal, comment comptez-vous agir dans la gestion locale de Toulouse?

Michel Desmars : Nous entendons surtout être la caisse de résonance des préoccupations des citoyens, que ce soit sur la vie des quartiers ou des préoccupations plus sociales comme le logement ou le chômage. Mais on ne se fait aucune illusion. Au-delà de sa tête de liste, Philippe Douste-Blazy, l'équipe élue est sensiblement la même que l'équipe sortante. Cette dernière n'a jamais pris en compte au conseil municipal les attentes des citoyens. On ne pense pas qu'aujourd'hui ça va changer. C'est sur le terrain, dans les quartiers que nous allons agir. Cela suppose d'être mobilisés, d'organiser des luttes, ce que nous faisions déjà. Etre élu est un plus pour amener ces préoccupations au conseil municipal.

tf1.fr : A peine élu, Philippe Douste-Blazy est déjà candidat à la législative partielle qui aura lieu à Toulouse le 25 mars. Que compte faire Motivé-e-s?

M.D : Nous nous sommes positionnés sur les municipales, pas sur les législatives. Cette candidature montre l'appétit qu'il a pour une carrière nationale. Il se sert de son élection aux municipales comme d'un tremplin. Les législatives ne sont pas notre truc pour l'instant. Nous ne nous polarisons pas sur l'électoralisme à tout crin. Comme les copains de la Confédération paysanne l'ont dit : "Il faut penser global et agir local." Les municipales étaient le terrain idéal pour nous et nous l'avons fait mais cela ne marchera que si les citoyens et les citoyennes adhèrent.

tf1.fr : Mais que va devenir Motivé-e-s ?

M.D : Nous avons toujours annoncé que notre priorité était le troisième tour. Maintenant, on va réfléchir sur les façons de s'organiser pour prolonger l'aventure. Il y a aujourd'hui à Toulouse ou dans d'autres villes des gens qui en avaient ras-le-bol de la manière dont on faisait de la politique. Motivé-e-s, comme d'autres listes, à Bayonne, à Bondy, a défendu l'idée d'une politique faite par et pour les citoyens. Nous allons essayer de partager nos expériences avec ces listes. On a eu raison de s'engager en politique sur une démarche citoyenne, l'avenir nous dira si l'expérience peut se prolonger. Nous le souhaitons, nous nous en donnerons les moyens mais ce sont les gens qui nous donneront raison ou pas.

tf1.fr : Que répondez-vous à ceux qui vous ont reproché votre ralliement rapide à la liste de François Simon (PS) ?

M.D : Ça n'a pas été une décision rapide. Si le vote a eu lieu le soir du premier tour, le débat avait lieu depuis deux mois et demi. Le combat de Motivé-e-s s'est basé sur des valeurs de gauche. Nous ne pouvions donc envisager un accord avec la droite. Le ralliement avec la liste de François Simon reposait sur un accord technique et fonctionnel qui préservait notre autonomie, y compris dans la gestion municipale si cette liste était élue. Nous n'avions pas envie d'être associés à une gestion municipale de la gauche et à son programme. Nous entendons nous prononcer au cas par cas, sans être engagés par un vote de discipline.

tf1.fr : Vous avez su mobiliser une partie de l'électorat toulousain, ne risque-t-il pas de se désolidariser de votre mouvement?

M.D : Nous n'avons pas de souci à ce niveau là. Depuis dimanche nous recevons de nombreux appels de personnes qui veulent s'impliquer dans notre mouvement. La question maintenant est de savoir comment les accueillir. La défaite les mobilise encore plus que si on avait gagné.

tf1.fr : Certains ont, semble-t-il, eu la défaite plus amère. Qui est à l'origine des affrontements qui ont eu lieu dimanche soir sur la place du Capitole à l'issue des résultats?

M.D : Il y a en fait eu deux incidents. Tout d'abord, certaines personnes de Motivé-e-s se sont retrouvées devant le café où se trouvait Douste-Blazy, l'empêchant de sortir. Un de nos camarades a demandé que cela cesse, ce qui a été fait. Mais certains sont restés et pas forcément des jeunes des quartiers comme on a pu l'entendre dans les médias. Cette violence nous désole mais certains de ceux qui s'en sont étonnés et l'ont dénoncée étaient les mêmes qui ont prononcé des propos racistes durant l'entre-deux tours. Ce qui s'est passé ne nous surprend pas outre mesure.

Par Propos recueillis par David MARQUIE le 22 mars 2001 à 09:56
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