Michel Giraud mis en examen

Par Franck LEFEBVRE , le 28 février 2001 à 23h26 , mis à jour le 01 mars 2001 à 00h09

Trois mois après Michel Roussin, c'est au tour de Michel Giraud d'être mis en examen dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France. Il est poursuivi pour favoritisme, participation personnelle à un système d'entente, et complicité de corruption passive.

michel giraud © INTERNE

Affaire des marchés publics d'Ile-de-France : l'argent de la corruption

Directement mis en cause par deux de ses anciens collaborateurs, Michel Giraud, ex-président RPR du conseil régional d'Ile-de-France, a été mis en examen mercredi dans l'affaire des marchés publics d'IDF. Il est poursuivi pour "favoritisme, participation personnelle à un système d'entente, complicité de corruption passive". Michel Giraud avait été convoqué comme témoin assisté, une procédure renforcée par la nouvelle loi sur la présomption d'innocence entrée en vigueur le 1er janvier mais qui n'empêche pas une mise en examen "s'il apparaît que des indices graves ou concordants le justifient". Sa mise en examen survient trois mois après celle de Michel Roussin (RPR), ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, et celle de trois ex-trésoriers, officiels ou officieux, du RPR, du PS et du PR.

Les accusations de Christine Lor et Pierre Pommelet

"Le financement
des partis politiques
était suivi
depuis l'origine
par la mairie de Paris".
(Pierre Pommelet)

Patron de la région Ile-de-France de 1992 à 1998, il avait été directement mis en cause par deux de ses anciens collaborateurs, Christine Lor, son ex-conseillère aux affaires scolaires, et Pierre Pommelet, son ex-directeur de cabinet. Ils ont affirmé que Michel Giraud avait connaissance du vaste système de financement politique mis en place à partir du truquage présumé de l'attribution des marchés publics. Ce que, bien sûr, l’ex-président RPR du conseil régional d'Ile-de-France nie avec la dernière vigueur. Son avocat a annoncé qu'il allait prochainement contester cette mise en examen devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris, s'attaquer à la régularité de la procédure et demander des actes d'instruction supplémentaires.

Eventuels liens avec la mairie de Paris

Les juges Armand Riberolles, Marc Brisset-Foucault et Renaud van Ruymbeke s'intéressent particulièrement aux éventuels liens entre le système mis en place en région Ile-de-France et la mairie de Paris, alors dirigée par Jacques Chirac, entre 1989 et 1996. Interrogé comme témoin assisté par les enquêteurs à la mi-janvier, Pierre Pommelet a en effet assuré que Michel Giraud lui aurait dit en 1992 que "le financement des partis politiques était suivi depuis l'origine par la mairie de Paris". Selon Pierre Pommelet, qui n'a pas été mis en examen, Michel Giraud lui aurait précisé que ce système avait été mis en place en 1989, donc avant qu'il ne soit président du conseil régional, et qu'il ne pouvait "rien faire" pour s'y opposer.

Concernant ces déclarations, Michel Giraud aurait assuré que son ancien collaborateur avait "extrapolé", et qu'il avait parlé des "élus de Paris" mais pas de la "mairie de Paris". Il aurait également indiqué que Jacques Chirac n'avait imposé personne à la présidence de la commission des appels d'offres de la région IDF.

(Photo d'ouverture : l'ex-président RPR du conseil régional d'Ile-de-france Michel Giraud photographié, mercredi, lors de son arrivée au Pôle financier du Palais de justice de Paris - DR)

Par Franck LEFEBVRE le 28 février 2001 à 23:26
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