Millon n'a pas renoncé à la mairie

Par , le 18 mars 2001 à 17h28 , mis à jour le 16 mars 2001 à 18h01

MUNICIPALES 2001 - En dépit d’un accord qui fait de Jean-Michel Dubernard « le candidat naturel » à l’écharpe tricolore en cas de victoire de la droite, les partisans du député de l'Ain continuent à distribuer des tracts proclamant "Millon maire de Lyon". L’intéressé s’est borné à dire qu’il présenterait la candidature de M. Dubernard à la mairie.

[Expiré] [Expiré] Millon Charles Portrait parlant © AFP

Retrouvez le dossier Municipales 2001 en cliquant ici


'Max' Dubernard - DR

"On dit que je suis un benêt, une dupe. Ce qui n’est pas grave." Le nouveau chef de file de la droite lyonnaise, Jean-michel Dubernard (RPR), mal à l’aise, s’exprime à la tribune du Palais de la mutualité dans le 3e arrondissement de Lyon. Il se tourne vers l’homme qui, pendant trois quarts d’heure à galvanisé l’assemblée : "Mais de toi, Charles, on dit que tu ne tiens pas tes promesses. Ce sont des calomnies." Charles Millon sourit, Jean-Michel Dubernard implore : "Alors, s’il te plaît, viens répéter ton engagement devant toute la salle et les journalistes."

L’ancien ministre de la Défense s’exécute. Cet engagement, cette promesse, que lui coûte-t-il de la réitérer ? "Personnellement, je présenterai la candidature de ‘Max’ Dubernard à la mairie devant le conseil municipal de Lyon". Rien de moins car Millon ne doit pas prendre le risque d’effrayer ses nouveaux amis de la droite, les RPR et surtout les centristes. Rien de plus car il risquerait de perdre le soutien des millonistes qui restent persuadés que leur chef a déjà préparé sa stratégie de "troisième tour".

Les millonistes peuvent imposer leur champion


Michel Mercier - AFP

Ils n’ont peut-être pas tort. Rien n’empêche les conseillers millonistes à la mairie d’imposer leur champion à la tête de la capitale des Gaules. Or, le professeur Dubernard s’est laissé imposer un compromis assurant aux partisans de Millon un avantage numérique dans le futur conseil. Sur le terrain, les supporters de la Droite libérale chrétienne ne prennent même plus les précautions d’usage.

Les tracts proclamant "Millon maire de Lyon" n’ont jamais cessé d’être distribués, provoquant la colère de Michel Mercier (UDF). Le président du conseil général, qui s’était retiré à l’issue du premier tour après sa défaite dans le Ve arrondissement, est revenu sur le terrain pour donner de la voix. "Je n’ose pas imaginer que les termes de notre accord ne soient pas respectés", clame-t-il. Manque d’imagination ?

Sur les élections municipales à Lyon:

Par David Straus le 18 mars 2001 à 17:28
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