Ministres : 9, maires : 2

Par , le 21 mars 2001 à 17h05 , mis à jour le 11 septembre 2007 à 15h06

Condamnés à choisir entre leur poste de ministre ou leur nouveau mandat de maire, la plupart des membres du gouvernement ont choisi la première solution... tout en restant Premier adjoint de leur commune. Un subterfuge qui risque de renforcer la méfiance de l'électorat envers les "cumulards".

schwartzenberg © INTERNE

"Les doctrines sont faites pour ne pas être dogmatiquement appliquées"…  "sauf quand les


Jospin ne veut pas de cumulard-
électeurs nous sanctionnent" pourrait rajouter Lionel Jospin. A l’automne dernier, le 1er ministre sentait que plusieurs membres de son équipe allaient briguer un mandat de maire aux municipales. Par précaution, il était donc revenu sur l’une des promesses majeures de sa campagne législative  : le non-cumul des fonctions de maire et de ministre. Au fur et à mesure des remaniements, ce principe avait été égratigné, avec Daniel Vaillant, Jacques Dondoux, Michel Sapin et Christian Paul.

 

Résultat du revirement du locataire de Matignon : à l’exception de Martine Aubry, seule à abandonner son portefeuille parisien pour se consacrer à la conquête de Lille, c’est quasiment la moitié du gouvernement qui est partie à la bataille de mars. Pour un résultat plus que mitigé, avec notamment les défaites de quatre poids lourds (Dominique Voynet, Jean-Claude Gayssot, Elisabeth Guigou et Jack Lang), sans oublier Pierre Moscovici. Beaucoup d’électeurs n’ont donc pas pardonné cette entorse à la règle.

 

Sapin et Vaillant encore indécis

 

Mais, malgré cette claque reçue par les "médiatiques", treize ministres ont endossé ou ré-endossé l’écharpe tricolore. En coulisses, ils ont beau grogner contre le retour de la doctrine de 1997, Lionel Jospin se veut ferme : pas question de cumuler. L’attirance parisienne semblant plus forte que le respect de la parole donnée aux électeurs, ils sont déjà neuf à avoir rendu leur mandat : Marylise Lebranchu (Justice, qui avait d’ailleurs été très claire sur le sujet pendant la campagne), Alain Richard (Défense), Roger-Gérard Schwartzenberg (Recherche, photo du haut), Claude Bartolone (Ville), Jean-Jack Queyranne (relations avec le Parlement), François Huwart (Commerce extérieur), Christian Pierret (Industrie), Christian Paul (Outre-Mer) et François Patriat (Commerce et Artisanat). "Je n'ai pas à faire acte de repentance pour avoir conquis une ville de droite, pour avoir été élu au premier tour et avoir fait 53% sans les Verts" souligne ainsi Roger-Gérard Schwartzenberg. "Je remarque que les élections, comme d'habitude, reposent sur une règle simple : les bons candidats sont élus, les autres ne le sont pas".

 

Michel Sapin (Fonction publique) et Daniel Vaillant (Intérieur) étant encore indécis, ils ne sont donc pour l’instant que deux à faire honneur à leur mandat : Dominique Gillot (Handicapés) et


Dominique Gillot :
"ne pas trahir mes électeurs"-
Louis Besson (Logement). "Je ne veux pas trahir la confiance de mes électeurs ni tourner le dos à cette réussite" explique Dominique Gillot, interrogée par tf1.fr "Certains de mes collègues au gouvernement peuvent s’éloigner quelque peu de leurs responsabilités de maire parce qu’ils sont confrontés à des situations différentes dans leur municipalité. C’est un choix que chacun fait avec sa personne". Un choix qui n’est cependant pas tranché totalement. Si la "doctrine" Jospin interdit le cumul maire-ministre, elle n’interdit pas celui ministre-1er adjoint. Et la bande des neuf en fournit une belle preuve…

Par Fabrice Aubert le 21 mars 2001 à 17:05
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