© INTERNEPremières foulées pour Bertrand Delanoë. Quelques heures après avoir pris possession des murs de l'hôtel de ville dimanche, le socialiste a dû sacrifier à ses premières obligations de maire de Paris en recevant les 15 membres de la commission d'évaluation du CIO à l'aéroport de Roissy. Et ce matin, c'est un oral qui attendait le nouvel édile de la capitale. Assisté par Claude Bébéar, le président du comité de candidature Paris 2008, Bertrand Delanoë a défendu le dossier de sa ville.
A l'issue de cette réunion, Marie-George Buffet ne cachait pas son enthousiasme. "C'est bien parti. Chacun de nous a montré qu'on formait une véritable équipe" a déclaré la ministre de la Jeunesse et des Sports. Dans son exposé, Bertrand Delanoë a mis l'accent sur le côté écologique et solidaire de ces jeux "avec notamment le don prévu aux pays en voie de développement de tous les équipements provisoires, et des équipements sportifs comme des transports accessibles aux personnes handicapées". Autant d'initiatives originales pour tenter de convaincre les émissaires du CIO que la capitale française mérite d'être désignée pour l'organisation de ces Jeux le 13 juillet à Moscou.
Il faut dire que la candidature parisienne a plus d'un atout pour séduire la commission. Outre un soutien populaire important, un consensus institutionnel rassurant, la ville lumière peut compter sur des infrastructures performantes, tant pour le transport (d'autant plus que la construction d'un tramway est prévue d'ici 2008) que pour le logement, un savoir-faire en matière d'organisation de grands événements (la Coupe du monde est un bon exemple) et d'accueil et une concentration importante des épreuves puisque, hormis pour la voile, tous les sites seront situés à 20 minutes maximum du village olympique.
Des jeux dans la ville
Cette compacité des sites est un des grands piliers de la candidature parisienne. Dans l'esprit de ses géniteurs, Paris doit être un écrin pour la plus universelle et la plus prestigieuse des épreuves. Pour ces "Jeux dans la ville" d'un nouveau genre, le comité de candidature a décidé d'utiliser toutes les possibilités offertes par la capitale. Outre les structures sportives classiques telles que le Stade de France, Rolland-Garros ou encore le POPB, le projet Paris 2008 repose aussi sur quelques trouvailles moins classiques comme l'utilisation du Grand Palais pour accueillir l'escrime ou encore des berges de la Seine pour le contre la montre cycliste. Point fort pour le dossier parisien, 60% de ces structures sont déjà construites.
La semaine qui vient sera donc déterminante pour le projet français qui, après l'échec de Paris en 1992 et celui de Lille en 2004, compte bien ramener pour la troisième fois après 1900 et 1924, les Jeux olympiques modernes dans la patrie de leur fondateur, Pierre de Coubertin. Et même si la concurrence est rude avec les autres villes candidates, Pékin, Toronto (les deux plus sérieux adversaires de Paris), Osaka et Istanbul, la confiance règne dans les rangs français. Ainsi, pour son nouveau maire, Bertrand Delanoë, la candidature de Paris est placée sous le signe des valeurs. "Je suis vraiment confiant de pouvoir convaincre les inspecteurs du CIO car nous portons les valeurs de la culture, des droits de l'homme et de la diversité", a-t-il déclaré avant d'ajouter : "Nos valeurs coïncident avec celles de l'olympisme." Reste à savoir maintenant si les commissaires du CIO y seront sensibles.
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