Paris : fusion des listes de gauche, ultimatum à droite

Par Philippe MATHON , le 12 mars 2001 à 08h28 , mis à jour le 11 mars 2001 à 20h13

La liste Delanoë, arrivée en tête à Paris avec 31%, s'est mise d'accord ce matin avec les Verts, qui ont obtenu 12,3 % des voix : ils fusionneront leurs listes au second tour. A droite, Séguin a obtenu 25% et retiré ses listes dans 4 ardts. Tiberi, dont les listes ont atteint un score surprenant (14%), a donné jusqu'à 17 heures à son rival RPR-UDF-DL pour accepter la fusion des listes de droite.

mairieparis © INTERNE

La gauche parisienne enregistre une poussée au premier tour des municipales, mais on est loin de la déferlante annoncée par les sondages. En effet, la droite résiste bien, la surprise venant des scores très favorables des tibéristes. Philippe Séguin subit lui un dur échec personnel dans le XVIIIe. Autre surprise, le bon score des Verts qui obtiendraient un taux de plus de 13%. La gauche va ainsi devoir mobiliser toutes ses troupes pour emporter la capitale dimanche prochain. Lundi matin, dès l'aube, les Verts et la gauche plurielle sont parvenus à un accord : ils fusionneront leurs listes au second tour.

Fusion Gauche plurielle / Verts

"C'est un bon accord. Nous arrivons à un accord équilibré", a souligné Yves Contassot, candidat Vert à la mairie de Paris, peu avant 07H00, à l'issue de six heures de négociations entamées aussitôt après la publication des résultats définitifs du premier tour. L'accord repose notamment, a précisé Patrick Bloche, patron de la fédération parisienne du PS, sur "une hypothèse de 14 arrondissements gagnables au soir du premier tour" et de "90 à 91 conseillers de Paris". Aux termes de cet accord, les Verts disposeraient de 25 conseillers, les autres composantes de la majorité plurielle se partageant les 65 à 66 postes restants. Les têtes de liste resteront inchangées par rapport aux listes Delanoë du premier tour, a ajouté M. Bloche. Mais, en cas de victoire de la gauche au second tour dans le IIème, la mairie serait confiée à un Vert, a-t-il souligné.

Tiberi lance un ultimatum à Séguin

A droite, les rapprochements s'avèrent plus difficiles. Mais Jean Tiberi, fort de ses bons résultats, ne veut pas perdre de temps. Ce midi, il a lancé un ultimatum à Philippe Séguin. Le candidat RPR-UDF-DL à "jusqu'à 17H00", ce jour, pour accepter la fusion avec ses propres listes aux municipales, en formant l'espoir "que le bon sens l'emporte clairement".

La veille, contraint, forcé, Philippe Seguin a appliqué le sacro-saint principe de la discipline républicaine en annonçant le retrait de ses listes dans les Ier, IIIe, IVe et VIe arrondissements de Paris. Motif : dans ces arrondissements, ses listes sont arrivés derrière celles emmenées par Jean Tiberi. En échange, Séguin a réclamé le retrait des listes de droite arrivées derrière les siennes dans les autres quartiers de la capitale. Pas un mot en revanche sur le Ve. Et pour cause. La soirée électorale a offert une surprise de taille dans l'arrondissement de Jean Tiberi : Henri Guaino, candidat séguiniste, crédité d'un catastrophique 9,69%, ne pourra pas se maintenir au second tour, alors que Tiberi réalise 40,07% et Lyne Cohen-Solal 27,08%.

Séguin s'effondre dans le XVIIIe

Le XVIIIe arrondissement, terre d'affrontement de Bertrand Delanoë et de Philippe Séguin, a livré son verdict. Il est catastrophique pour le candidat officiel de la droite. Philippe Séguin ne recueille que 19,18% des suffrages. La liste Delanoë du ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant (PS) obtient 36,99%, 15,94% pour la liste Verts menée par Yves Contassot et 11,15% pour la liste Tiberi de Jean-Pierre Pierre-Bloch.

Paris global : 34% pour Delanoë, 25% pour Séguin

C'est donc un véritable désaveu pour Philippe Séguin, qui fait pas moins de huit points que la moyenne de son camp dans la capitale. Car sur Paris, la liste emmenée par le socialiste Bertrand Delanoë sort grand vainqueur du premier tour, avec 31,31% des suffrages, loin devant celle de droite emmenée par Philippe Séguin (25,74%). Suivent au coude-à-coude, toujours selon notre sondage, la liste du maire sortant Jean Tiberi (13,92%) et celle du Vert Yves Contassot (12,35%).

Sur Paris, l'ensemble des listes de gauche totaliseraient 44% et l'ensemble des listes de droite 40%.

Un IIe arrondissement très singulier

Dans les IIème et XVème, les maires sortants Benoîte Taffin et René Galy-Dejean, la première indépendante, le second suspendu du RPR, ont réussi des exploits. Mme Taffin se paye même le luxe d'arriver, avec 35,4% des voix, devant le PS Pierre Schapira. Dans cet arrondissement, séguinistes et tibéristes sont laminés. Dans le XVème, Edouard Balladur, à 26,26%, est derrière la jeune socialiste Anne Hidalgo (27,24%). Mais la vraie surprise vient du score du député Galy-Dejean qui frôle les 20% et est donc un partenaire incontournable pour la droite. Résultat : Séguin a annoncé qu'il espérait parvenir à un accord pour fusionner sa listes avec la sienne.

Même prime au maire sortant et à l'indépendance dans le VIème où Jean-Pierre Lecoq, suspendu du RPR, fait la course en tête, devançant le PS Alain Morell que les sondages donnaient premier mais surtout, devant le séguiniste Jean-Dominique Giuliani, distancé de 10 points.

Dans le crucial XIIème arrondissement, la liste gauche plurielle de Michèle Blumenthal obtient 32,76% contre 30,56% à celle du maire sortant Jean-François Pernin (UDF séguiniste) et 13,63% à la liste des Verts menée par Christophe Najdovski. La liste tiberiste dirigée par le RPF Alain Robert recueille 11,72%, ce qui lui permet de se maintenir au deuxième tour, selon cette estimation.

Le sud de la capitale rosit

Dans le XIIIème, la liste Delanoë de Serge Blisko (PS) obtient entre 32,74% contre 27,31% à la liste Séguin de Françoise Forette et Jacques Toubon, et 11,13% pour la liste des Verts.

Enfin dans le XIVème, la gauche conduite par Pierre Castagnou (PS) obtient 34,52% contre 25,32% à celle de Philippe Séguin conduite par Nicole Catala et 13,02% à la liste Tiberi de Jean-Claude Delarue (IPSOS). La liste des Verts de René Dutrey est créditée de 13,78% dans cet arrondissement.

Mobilisation massive

Le scrutin dans la capitale est particulièrement attendu par les électeurs qui se sont massivement mobilisés. A 17h, dimanche, la participation était plus élevée qu'il y a six ans : 45,1 %, contre 33,8 % en 1995. La participation était particulièrement forte à 16h45 dans des arrondissements clé, en particulier dans le Vè (48,1%), fief de Jean Tiberi, dans le XIIè, où pourrait se jouer la victoire finale de l'un ou l'autre camp (46,9%) et dans le IVè, arrondissement symbole et siège de l'Hôtel de Ville (46,4%).

Par Philippe MATHON le 12 mars 2001 à 08:28
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