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Quel entre-deux tours ! Autant l'équipe Delanoë est parvenue très rapidement - le soir même des élections - à conclure la fusion de ses listes avec les Verts, autant séguinistes et tibéristes ont continué à faire étalage de leurs insurmontables divisions. Finalement, une fusion "sauvage" dans le IXe arrondissement, le retrait de certaines listes tibéristes (VIe, XIIe, XIIIe, XIVe) et séguinistes (Ier, IIIe, IVe et VIe). Une situation ubuesque qui complique la donne.
Résultat : onze duels, neuf triangulaires et un scrutin à l'issue incertaine. Plusieurs questions élémentaires :
- Les électeurs Verts, dont le parti est désormais allié à la liste Delanoë, sauront-ils se mobiliser au deuxième tour ?
- Dans les arrondissements où leurs candidats ne sont pas représentés, les électeurs séguinistes accepteront-ils de voter pour les listes Tiberi ? Il est permis d'en douter.
- Inversement, dans les arrondissements où leurs candidats ne sont pas représentés, les électeurs tibéristes accepteront-ils de voter pour les listes Séguin ? Là encore, on peut en douter.
Retrouvez ci-dessous la situation parisienne arrondissement par arrondissement, à l'aube du deuxième tour des élections municipales.
Ier arrondissement :
Pas de suspense pour les candidatures : malgré ses 22,36 % au premier tour, le séguiniste Florent Longuépée est arrivé derrière le challenger tibériste. Son retrait laisse le champ libre à un duel droite-gauche : Jean-François Legaret, maire sortant et directeur de campagne de Jean Tiberi, livrera une bataille difficile face au socialiste Alain Le Garrec. Avec les deux listes d'extrême droite, la balance penche toutefois en faveur de la droite (53,22%, contre 46,75%).
IIe arrondissement :
Un duel dans cet arrondissement qui envoie trois élus au Conseil de Paris. La liste élue obtiendra deux sièges et la liste battue un. Au soir du premier tour, la liste de Benoîte Taffin, maire sortant (DVD) de l'arrondissement, et les listes séguiniste et tibériste ont totalisé 47,27%. Celle du socialiste Pierre Schapira et celle des Verts, 48,34%. Si l'on ajoute le score des listes de l'extrême droite et de l'extrême gauche, le rapport droite-gauche est de 49,71 contre 50,28% à l'avantage de la gauche.
IIIe arrondissement :
Pas de surprise à attendre de ce duel : le maire sortant, Pierre Aïdenbaum (PS), sera réélu dimanche. Il dispose d'une réserve très confortable au vu du cumul des voix de gauche (65,12%) contre le tibériste Jack-Yves Bohbot (34,88).
IVe arrondissement :
Nouveau duel entre listes Tiberi et Delanoë. Laurent Dominati affrontera Dominique Bertinotti pour un duel apparemment déséquilibré : le cumul de voix au premier tour (45,94% contre 54,06%) devrait profiter à la gauche.
Ve arrondissement :
Une des situations les plus chaudes de ce second tour : Jean Tiberi parviendra-t-il à conserver "son" bien ? Ses 40% du premier tour plaident en sa faveur. Mais le Ve cristallise les fragments de haine entre tibéristes et séguinistes. Philippe Séguin n'a-t-il pas affirmé que le premier tour montrait "l'efficacité du système clientéliste" ? Comment imaginer, dans ces conditions, que les 9,69% d'Henri Guaino (liste Séguin) aillent chez Tiberi au deuxième tour ? Lyne Cohen-Solal (PS) pourrait en profiter, même si le cumul des voix n'est pas à son avantage (45,85% contre 54,15% pour la droite et l'extrême-droite) dans ce duel.
VIe arrondissement :
Considéré comme l'un des arrondissements susceptibles de basculer à gauche avant le premier tour, il devrait finalement rester dans le giron de la droite. Jean-Pierre Lecoq, le maire sortant (DVD), peut dire merci aux tibéristes qui ont décidé in extremis de retirer leurs listes. Son duel avec le socialiste Alain Morell devrait être une formalité.
VIIe arrondissement :
Véritable triangulaire dans le quartier des ministères, faux suspense ? Le tibériste Jean-Philippe Hubin se maintient face à Martine Aurillac (RPR) et la socialiste Anne Kalck. Mais la division de la droite ne devrait pas l'empêcher de conserver le 116 rue de Grenelle.
VIIIe arrondissement :
Situation absolument identique au VIIe : une droite divisée (la séguiniste Edwige Antier face au tibériste Philippe Dominati) opposée au socialiste Françis Benaroch. En dépit de cette triangulaire, l'Ouest parisien restant ce qu'il est, les séguinistes devraient conserver sans problème la mairie. Avec une distribution connue depuis plusieurs mois : le maire sortant, François Lebel (RPR) resterait à sa place et Edwige Antier serait adjointe chargée de l'Enfance de Philippe Séguin… en cas de victoire finale dans la capitale. Une perspective de plus en plus aléatoire.
IXe arrondissement :
Pierre Lellouche (séguiniste) et Vincent Reina (tibériste) ont-ils eu raison de fusionner dans cet arrondissement ? Les résultats du 18 mars serviront de révélateur. La seule fusion entre séguinistes et tibéristes sera-t-elle le moteur d'une dynamique retrouvée ou, comme le redoute Philippe Séguin, "une addition" qui se transforme en "soustraction" ? Pour ce duel, le socialiste Jacques Bravo est en embuscade. L'enjeu est de taille : les électeurs du IXe arrondissement élisent quatre conseillers de Paris, soit trois sièges pour la liste élue et un pour la liste battue. Au premier tour, 48,61% des voix se sont portées sur les listes de droite et d'extrême-droite ; 51,39% sur celles de la gauche et d'extrême-gauche.
Xe arrondissement :
A l'instar du IIIe et du XIe, le Xe devrait être une formalité pour Tony Dreyfus (PS).Surtout que le maire sortant fera face à une droite divisée, avec les listes Le Goff (Séguin) et Bry (Tiberi). Dans cette triangulaire, le cumul des voix au premier tour est sans appel : 57,01% à gauche, 42,99% à droite.
XIe arrondissement :
Autre triangulaire. Avec une situation strictement identique à son voisin du Xe : un maire sortant indéboulonnable (Georges Sarre, MDC, liste Delanoë) qui affronte une droite désunie avec les listes Annick-Tissot (Séguin) et Izraël (Tiberi). Le cumul des voix au premier tour est sans appel : 65,09% à gauche, 34,91% à droite.
XIIe arrondissement :
Un duel capital. Le XIIe aurait été perdu si la droite était restée désunie. Mais le retrait in extremis de la liste Robert (tibériste) donne une chance inespérée à la droite de conserver la capitale. L'arrondissement le plus bourgeois de l'Est parisien élit dix conseillers de Paris, soit huit pour la liste gagnante et deux pour la liste perdante. Qui de Jean-François Pernin (Séguiniste, maire sortant) ou de Michèle Blumenthal (PS) raflera la mise ? Au jeu du cumul des voix au premier tour, la droite est majoritaire d'une courte tête : 50,5% contre 49,5%.
XIIIe arrondissement :
Mission impossible pour la tête de liste séguiniste, Françoise Forette (DVD). Le retrait in extremis de sa rivale tibériste ne semble pas pouvoir changer la donne : Serge Blisko (PS) devrait remporter son duel. Le cumul des voix du premier tour (56% contre 44) plaide en sa faveur.
XIVe arrondissement :
Nicole Catala (RPR) va-t-elle profiter du retrait du tibériste ? Pas sûr. L'avance de son adversaire, le socialiste Pierre Castagnou, semble importante. Mais le cumul des voix au premier tour rend ce duel très incertain (51,56% à gauche contre 48,44).
XVe arrondissement :
En principe, la droite devrait conserver l'arrondissement : Edouard Balladur a conclu un accord avec le maire sortant René Galy-Dejean - avec l'assentiment de Philippe Séguin. Le hic, c'est que l'ancien Premier ministre a snobé le tibériste Jean-Antoine Giansily. Lui et ses électeurs lui en tiendront-ils rigueur ? Dans ce duel, Anne Hidalgo (PS) veut croire en ses chances. L'enjeu est de taille : le XVe est l'arrondissement qui envoie le plus grand nombre de conseillers à l'Hôtel de Ville.
XVIe arrondissement :
Christian Cabrol face à Pierre-Christian Taittinger : le tibériste et le séguiniste - deux amis d'enfance - ne sont pas parvenus à un accord. Résultat : tous deux affronteront Jean-Yves Mano (PS) dans une triangulaire. Avec, à la clé, un suspense de façade : Taittinger sera réélu. Le XVIe reste le XVIe.
XVIIe arrondissement :
La Séguiniste Françoise de Panafieu devrait pouvoir conserver l'arrondissement, mais le maintien au deuxième tour du tibériste Philippe Lafay la fragilise dans cette triangulaire. Une configuration qui offre à Clémentine Autain (proche du PCF), qui dirige la liste de la gauche plurielle, une occasion inespérée de contester la suprématie de Panaf'.
XVIIIe arrondissement :
Ultime humiliation pour Philippe Séguin : le candidat officiel de la droite (RPR-UDF-DL) parisienne ne pourra pas combattre à armes égales avec ses adversaires socialistes Daniel Vaillant et Bertrand Delanoë. Le tibériste Jean-Pierre Pierre-Bloch (11% au premier tour) a décidé de se maintenir. Une funeste triangulaire qui offre la mairie sur un plateau à la gauche.
XIXe arrondissement :
Même situation que dans le XVIIIe : un maire sortant de gauche (Roger Madec, PS) qui jouit d'une certaine popularité et deux formations de droite, l'une séguiniste (Michel Bulté), l'autre tibériste (François Asselineau). Résultat : Madec sera confortablement reconduit à l'issue de cette triangulaire.
XXe arrondissement :
La triangulaire entre Didier Bariani (Séguin), Jean-Louis Arajol (Tiberi) et Michel Charzat (Delanoë) ne modifiera pas la donne, la gauche étant largement majoritaire dans l'arrondissement.
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