Philippe Douste-Blazy, député par nécessité

Par , le 22 mars 2001 à 19h53 , mis à jour le 22 mars 2001 à 20h40

Après le beau succès de sa liste aux municipales, Philippe Douste-Blazy brigue dimanche le mandat de député de Haute-Garonne. Un cumul de mandat que le nouveau maire de Toulouse estime "nécessaire dans un pays centralisé". M. Douste-Blazy souhaite la création d’un parti de centre droit capable "de mordre sur le centre gauche".

Douste © INTERNE

tf1.fr : Vous avez été élu maire de Toulouse vendredi et, hasard du calendrier électoral, vous briguez un mandat de député ce dimanche. Jugez-vous ces deux fonctions conciliables ?

"Les Toulousains
ont considéré
que j’étais
le candidat
de la proximité"

Philippe Douste-Blazy : Aujourd’hui tous les maires de villes de plus de 150.000 habitants sont parlementaires. Pourtant, la plupart sont contre le cumul des mandats. Il est plus agréable de ne s’occuper que d’une seule chose. Mais l’on sait aussi que la France est le pays le plus centralisé de l’Union européenne. Il est nécessaire d’être député pour défendre à Paris les intérêts des habitants de Toulouse.

tf1.fr : Et s’il vous était donné de choisir entre les deux fonctions, pour laquelle opteriez-vous ?
P. D.-B. :
La mairie car elle est la plus concrète, la plus exaltante.

tf1.fr : Vos opposants vous reprochent déjà ces "appétits nationaux" ?
P. D.-B. :
Mes opposants à Toulouse seront les seuls en France à me le reprocher, même au sein des partis de gauche : le premier secrétaire du PS, François Hollande lui-même, par exemple, cumulera les deux mandats.

tf1.fr : Durant la campagne, vos opposants ont plaidé en faveur d'une "politique de proximité" fondée sur des "relais associatifs ". Allez-vous reprendre ces idées à votre compte ?
P. D.-B. :
Les Toulousains ont considéré que j’étais le candidat de la proximité puisqu’ils m’ont élu. Comme nous l’avions annoncé, notre démarche sera celle de la démocratie de proximité fondée sur 21 mairies de quartier dont les maires seront désignés par le conseil municipal. C’est une première en France : Toulouse est un laboratoire pour notre pays. Les associations peuvent avoir un rôle mais elles sont apolitiques et ne sont pas l’apanage d’un seul camp.

tf1.fr : Selon un sondage IPSOS-LE POINT, vous êtes la personnalité de droite la plus appréciée des Français pour son action. Allez-vous faire valoir ce plébiscite au sein de votre parti, l’UDF, ou au sein de la droite en général, dans un mouvement comme Alternance 2002 par exemple ?
P. D.-B. :
Non, je vois d’ailleurs que d’autres personnes de mon parti sont bien placées dans ce sondage. L’important est qu’il semble évident que les Françaises et les Français veulent des responsables politiques qui connaissent leurs problèmes. Ils désirent une nouvelle manière de faire de la politique. Ils souhaitent un parti de centre droit capable de rassembler une masse d’électeurs et de mordre sur le centre gauche. Mais ce mouvement ne pourra naître qu’après la présidentielle. Alternance 2002 doit être un lieu où nous puissions prévoir et écrire le programme alternatif pour les législatives de 2002 au-delà des clivages. Je suis heureux qu’on pense à moi pour participer à l’écriture de ce projet.

 

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Propos recueillis jeudi 22 mars
mis à jour vendredi 23 mars à 17 h

Par David Straus le 22 mars 2001 à 19:53
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