© INTERNEPour la presse, le consensus s’impose : il n’y a pas eu de raz-de-marée, l’équilibre est de mise. Et si l’on doit désigner des vainqueurs, ce seront, malgré leur peu de motivation, les électeurs : ils ont souligné le caractère local de ce vote, sanctionnant les " parachutés et les cumulards des deux bords ", comme l’écrit Jean-Michel Thenard dans Libération, qui précise que "c’est une France méfiante à l’endroit de la politique qui est apparue hier".
La décentralisation gagnante
Le Parisien / Aujourd’hui confirme, affirmant en première page que "les Français font ce qu’ils veulent" et France Soir souligne "la prime au sortants" et "le camouflet aux ministres". Pour Francis Laffon, de l’Alsace, "le légitimiste est le seul vainqueur incontestable". Pour Jacques Camus, de la République du Centre, "c’est un terrible camouflet pour les appareils". Serge July (Libération) estime enfin que la décentralisation est gagnante : même le bon résultat de Delanoë ne tiendrait pas tant à son appartenance politique qu’à son caractère local : "Bertrand Delanoë est emblématique de ce penchant général. Le candidat local (…) est valorisé contre les parachutés, quelle que soit leur valeur". Nicolas Beytout (Les Echos) précise : "Même Jean Tiberi y a eu droit : la prime au sortant est le premier invité surprise de ce premier tour".
Avertissement pour Jospin ?
D’autres journaux s’attachent plus au conflit droite / gauche : pour la Tribune, c’est un "sérieux avertissement" qui a été adressé à Jospin. Et le Figaro explique en ouverture que "plusieurs ministres ont vérifié, hier, à leurs dépens qu’appartenir au gouvernement Jospin ne constituait pas une assurance tout risques". Comme si, à force de sondages prometteurs pour la gauche, celle-ci apparaissait comme la grande perdante de ses municipales : l’équilibre profite surtout, d’après les quotidiens, à une droite promise à la catastrophe.
Paris, star du scrutin
Mais revenons sur Paris : pour la presse, la bataille de la capitale est l’autre vainqueur de ce premier tour, seule à vraiment vaincre l’abstentionnisme, seule à mobiliser, seule à profiter un tant soit peu à la gauche. Même le Figaro, qui titre "la droite tient bon", ajoute que "Paris vacille". Vacille, pas plus : pour le Parisien / Aujourd’hui, "ni à Paris, ni ailleurs, il n’y a eu de vague ro ; se ". La bataille peut encore réserver des surprises, et reste passionnante, au point que de nombreux journaux régionaux font leurs éditoriaux sur Paris. Car, paradoxalement, Paris a incarné le mieux la bonne surprise de ces élections municipales : elles ne sont pas un test pour des élections nationales à venir, mais bel et bien un vote de proximité. Même lorsqu’on habite la capitale.
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