Il promettait Mars... il risque la prison

Par F.A. , le 22 mars 2001 à 16h01 , mis à jour le 21 mars 2001 à 16h17

Promettre un voyage sur Mars contre des espèces sonnantes et trébuchantes peut mener tout droit… à la prison. Un gérant de société lorrain pourrait le découvrir à ses frais. Jugé jeudi par la cour d’appel de Nancy, il risque six mois de prison ferme pour avoir convaincu sa victime de financer la construction d’une ville sur la Planète Rouge !

Justice © INTERNE

651 000 francs pour construire une ville sur Mars. Dusco Stuppar, un gérant de société nancéen, ne doutait de rien au moment de soutirer ladite somme à un postier. Simple crédulité du fonctionnaire ou abus de faiblesse et de vulnérabilité ? En première instance, le tribunal correctionnel de Nancy a tranché pour la seconde solution. Stuppar a été condamné à 18 mois de prison dont 6 ferme. Lors du passage devant la cour d’appel, l’avocat général a demandé la confirmation des sanctions.

A priori, tout accuse Stuppar. Pour obtenir son argent, il n’aurait en effet pas hésité à faire pression sur le guichetier et à le menacer. Il lui aurait notamment fait croire qu'il appartenait à une puissante "organisation" d'êtres supérieurs capables de cloner l'être humain et de coloniser Mars. Le postier était également convaincu que Stuppar lui avait implanté dans le corps des capsules explosives mortelles télécommandées, qu'il pouvait mettre en marche en appuyant sur le bouton de sa montre. "Il s'agit d'un viol de l'inconscient, dans la dialectique des sectes", avait estimé Me Jean Kopf, avocat de la partie civile.

Résultat de ces " Marseries " : pour fournir les sommes demandées, la victime, considérée par les experts comme "particulièrement manipulable et crédule", s'était considérablement endettée auprès des banques et de sa famille.

" Immature, pas vulnérable "

Evidemment, Dusco Stuppar nie tout en bloc. Devant la cour d'appel, son avocat, Me Gérard Michel, du barreau de Nancy, avait demandé la relaxe pure et simple, estimant que "la loi ne protège pas contre la bêtise". "Il n'y a pas d'abus de faiblesse, car (le postier) n'est pas considéré par les experts comme déficient psychique. Il est immature et influençable, mais ce n'est pas considéré par la loi comme une personnalité vulnérable", avait-t-il expliqué, en soulignant que la victime avait fait plusieurs déclarations contradictoires avant d'accuser son client. "S'il y a manipulation, c'est de la part de la victime". Il est peu probable que les juges partagent son avis.

Par F.A. le 22 mars 2001 à 16:01
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience