Robert Hue fait de la résistance

Par David MARQUIE , le 23 mars 2001 à 11h55 , mis à jour le 23 mars 2001 à 12h26

Dans une interview parue aujourd'hui dans le quotidien l'Humanité Robert Hue affirme qu'il reste à la tête du Parti communiste. Reconnaissant l'avertissement des résultats des municipales, il est bien décidé à poursuivre la rénovation du parti.

hue interview huma mars 2001 © INTERNE

"Je suis bien décidé à aller de l'avant". Aux parlementaires du PCF qui avaient demandé sa tête au lendemain de municipales très décevantes pour le parti, le secrétaire national Robert Hue adresse ce matin dans les colonnes de l'Humanité une réponse des plus directes. Et à tous ceux qui remettaient aussi en cause la participation des communistes au gouvernement, il répond aussi franchement : "Le PCF est dans la majorité, au gouvernement et n'envisage pas d'en sortir." Si le doute avait pu s'insinuer un instant, il le dissipe sans tarder. "Sans les communistes, il n'y a pas de majorité de gauche", affirme-t-il convaincu.

Lucide, il reconnaît l'avertissement envoyé par les électeurs lors des municipales. Mais pour lui, ce message ne s'adresse pas qu'au Parti communiste mais à la gauche plurielle dans son ensemble. "Dimanche dernier, affirme-t-il, les Françaises et les Français n'ont pas dit à la gauche plurielle qu'il fallait qu'elle se saborde, ils lui ont crié leur déception, leur amertume, leurs attentes. Ils lui demandent de se ressaisir". Et pour lui, les Français attendent plus qu'une simple application du non-cumul des mandats de maire et de ministre mais plutôt des "réponses concrètes, précises à leurs attentes."

"Poursuivre le mouvement de renouvellement du parti"

Pour Robert Hue, la lutte contre le libéralisme est toujours d'actualité et doit être menée avec toutes les bonnes volontés. "Il y a des alliances possibles, de grandes convergences qui peuvent s'opérer pour mettre en échec la logique libérale du capitalisme mondialisé", affirme-t-il avant de rappeller la nécessité de "mobiliser toutes les forces opposées au libéralisme, même rebaptisé "social". Pour définir ce combat d'un genre nouveau, il évoque "un levier qui peut permettre de faire autrement pour faire plus."

"Le Parti communiste, tel qu'il demeure, n'est décidément pas en capacité de construire la relation nouvelle nécessaire avec un mouvement social en voie d'évolution", admet-il. Conscient de la désaffection croissante de l'électorat communiste envers son parti, Robert Hue promet "de poursuivre et de manière visible pour la société, le mouvement de renouvellement du parti". Dans cette perspective, il propose plusieurs axes de travail comme, par exemple la codirection au sommet du parti. Il affirme enfin le rôle important que doit conserver le PCF. Pour Robert Hue, le parti " ne peut, ni ne doit, laisser réduire son rôle à n'être qu'un aiguillon de gauche plus ou moins efficace."

"une mutation séduction"

Contacté par tf1.fr, André Gérin, maire de Vénissieux, qui avait mis en cause la direction du parti ne cache pas sa déception. "Il n'y a eu aucun début d'analyse sur les résultats électoraux", déplore-t-il en mettant en avant la perte de certaines mairies symboliques telles qu'Argenteuil ou Drancy dont Jean-Claude Gayssot a été maire. Il souhaite qu'un grand débat soit organisé au sein du parti, avec une consultation de tous les adhérents. Quant aux projets de rénovation du parti, André Gérin ne cache pas ses doutes : "un an après le congrès de Martigues, est-ce que la direction est qualifiée pour parler de renouveau?". Avant d'ajouter : "Je suis contre une mutation séduction, d'apparence mais plutôt pour une mutation conviction."

Par David MARQUIE le 23 mars 2001 à 11:55
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