© INTERNEPhilippe Séguin, chef de file dans la bataille des RPR, UDF et DL pour la mairie de Paris qui a vu la victoire de la gauche pour la première fois en 100 ans, a été désigné au premier tour de scrutin, à bulletins secrets, par 18 voix contre 14 à la députée du XVIIe arrondissement, Françoise de Panafieu, avec un bulletin blanc et un nul.
M. Séguin s'est dit déterminé à mener "une opposition intelligente" sur la base du projet qu'il a défendu tout au long de la campagne électorale. Le député des Vosges s'est également dit, à "titre strictement personnel", plutôt défavorable à une candidature de l'opposition lors de l'élection du maire de Paris, dimanche. "Le suffrage universel s'est exprimé, selon des règles que nous n'apprécions pas", mais "après toute élection, il y a un délai de viduité". Il doit évoquer cette question avec les partenaires du RPR (34 élus), DL - un groupe de 12 qui s'est doté, mercredi soir, également d'un président, le député Claude Goasguen - et l'UDF (12 conseillers de Paris), qui devrait élire, jeudi, à sa tête Yves Galland.
Le soutien de Balladur
Selon plusieurs observateurs, les balladuriens ont fait penché la balance, les partisans de Mme de Panafieu et ceux de M. Séguin étant, selon leurs comptes, à peu près à égalité, aux alentours de 14 voix. L'ancien Premier ministre et l'ex-président de l'Assemblée nationale se seraient rencontrés dans la matinée.
Le premier acte du nouveau groupe a été de réintégrer le député Pierre Lellouche, qui avait fait cavalier seul entre les deux tours des municipales en fusionnant la liste séguiniste qu'il menait dans le IXe arrondissement avec celle du tibériste Vincent Reina. Du coup, M. Séguin l'avait classé dans le camp du maire sortant Jean Tiberi.
Le retour en grâce de Lellouche
Françoise de Panafieu, jugeant que "pour elle en tous les cas, l'heure n'est pas au conflit, mais à l'apaisement, au rassemblement", a plaidé la cause de M. Lellouche qui avait remis un pouvoir à Richard Stein, élu du XVIIe, au cas où son entrée serait acceptée. Ce qui a été le cas à l'unanimité, par un vote à main levée.
Ce succès est un réconfort pour Philippe Séguin, sorti très éprouvé de la bataille de Paris. Il s'agissait de trancher entre "deux approches politiques", a-t-il remarqué hier : "La lecture du résultat des municipales se solde-t-elle par un échec parce qu'il y avait un mauvais candidat ou pour des raisons plus profondes ? C'est ce qui va fonder l'action de demain", a déclaré M. Séguin. "La réponse est allée dans le sens que je souhaitais."
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