© INTERNETout commence en 1922 par la publication d'une annonce dans un journal breton. Un Parisien recherche des véhicules militaires abandonnés par l'armée américaine après l'Armistice de 1918. Guillaume Seznec, négociant en bois à Morlaix, jalousé pour avoir gagné de l'argent comme blanchisseur de l'armée pendant la Grande Guerre, et son ami, Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, voient là un moyen rapide de s'enrichir. C'est l'époque des grands trafics de l'après-guerre. Les deux hommes décident de convoyer cent voitures à Paris. Mais la première Cadillac au volant de laquelle ils sont partis de Rennes, le 23 mai 1923, tombe en panne à plusieurs reprises. Seznec reviendra seul. Il affirmera avoir quitté Quémeneur à Houdan (Seine-et-Oise, actuellement Yvelines), près de Paris.
![]() Guillaume Seznec- |
"Il n'y a que les coupables qui demandent pardon"
La malchance pour Seznec aura le visage de l'inspecteur Pierre Bonny, futur zélateur de la Gestapo, fusillé à la Libération. Cet homme implacable n'a qu'une doctrine : un enquêteur a tous les droits pourvu qu'il trouve un coupable. Bonny diligente l'enquête. Des témoignages invérifiables accablent Seznec. Les graphologues sont formels : le télégramme et la promesse de vente sont des faux rédigés par le suspect.
![]() En route vers le bagne- |
Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane), où il demeurera 23 ans, Seznec écrit : "La mort n'est rien pour qui ne peut rien espérer". Il refuse en 1933 de signer la demande de grâce qu'on lui présente car, déclare-t-il, "il n'y a que les coupables qui demandent pardon". Quand il reviendra en métropole, en juillet 1947, après avoir été gracié en 1946 pour bonne conduite, il ne sera plus qu'une ombre. Renversé à Paris par une voiture qui prend la fuite, en novembre 1953, il mourra trois mois plus tard. Magistrats, hommes politiques et journalistes s'efforceront d'obtenir la réhabilitation de l'ex-bagnard. Denis Le Her-Seznec, le petit-fils de celui qui fut le héros malheureux de l'une des plus grandes affaires judiciaires du siècle, a poursuivi le combat.
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