Christian Pierret confiant face à la "farce procédurale"

Par Philippe MATHON , le 20 avril 2001 à 14h31 , mis à jour le 20 avril 2001 à 14h56

Entendu vendredi matin comme témoin assisté dans une affaire de "détournement de suffrages électoraux" à Saint-Dié (Vosges), le secrétaire d'Etat à l'Industrie a semblé confiant et déterminé à faire cesser "la farce procédurale".

pierret audition © INTERNE

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christian Pierret, qui était depuis 9H30 face au juge vosgien Franck Walgenwitz comme témoin assisté, est ressorti du palais de justice de Saint-Dié après près de trois heures d'audition. "Entendu comme témoin, je sors comme témoin. J'ai convaincu le juge de ma totale bonne foi au service de la ville et des citoyens", a déclaré M. Pierret, quelques instants après avoir quitté le tribunal en compagnie de son avocat Me Portejoie.

M. Pierret a dû s'expliquer sur son choix de ne pas être maire de Saint-Dié à l'issue des élections municipales, alors qu'il avait affirmé pendant la campagne qu'il exercerait les fonctions de maire si sa liste arrivait en tête.

Ouverture d'une enquête administrative

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Saint-Dié pour "détournement de suffrages électoraux par fausses nouvelles ou autre manoeuvre frauduleuse", à la suite d'une plainte déposée en mars par un électeur de Saint-Dié qui estimait avoir été abusé par les déclarations de M. Pierret avant les élections. "Sur le fond, je m'imagine mal comment cette farce politicienne a pu trouver sur le plan judiciaire un écho favorable et même complaisant auprès du parquet de Saint-Dié", a dénoncé M. Pierret.

Le procureur de la République de Saint-Dié, André Ribes, avait évoqué la semaine dernière la "possibilité juridique" d'une convocation de M. Jospin dans cette affaire. "Pour la première fois, à ma connaissance, un responsable politique élu est allé donner à un magistrat des explications sur ses engagements électoraux, explications qu'il ne doit pourtant qu'aux citoyens. Il s'agit là d'une dérive intolérable", a dénoncé le secrétaire d'Etat, parlant de "farce procédurale".

Enquête contre enquête

"Sur le fond, je m'imagine mal comment cette farce politicienne a pu trouver sur le plan judiciaire un écho favorable et même complaisant auprès du parquet de Saint-Dié", a dénoncé le ministre. "J'ai demandé au ministre de la Justice Marylise Lebranchu de se pencher sur le comportement du parquet de Saint-Dié et d'ouvrir une enquête administrative et de la confier à l'inspection générale des services judiciaires, a annoncé son avocat, Me Portejoie. "Il est étonnant qu'une plainte farfelue, à l'origine d'une farce politico-procédurale, ait été jugée recevable avec autant d'empressement par le parquet", a-t-il souligné.

Présent devant le palais de justice, Serge Baumgartner, l'électeur qui a porté plainte, a tenté d'entrer dans la mairie mais en a été empêché par une vingtaine de sympathisants du ministre. M. Baumgartner, ancien responsable RPR local, qui affirme ne plus faire de politique depuis douze ans, avait déclaré dans la matinée que sa plainte était "le fait d'un électeur déçu" et que "ce n'est pas une affaire politique".

Par Philippe MATHON le 20 avril 2001 à 14:31
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