© INTERNELe site du médiateur de la République
Ils sont le dernier recours des usagers confrontés à des décisions administratives en apparence injustifiées ou mal comprises. Ils doivent pouvoir traiter de problèmes concernant aussi bien la fiscalité que les Assedic, les caisses de retraite, le logement, l'état-civil, ou les droits des étrangers. Ils travaillent en liaison avec les administrations, mais souvent en-dehors de toute institution – et seulement deux demi-journées par semaine, rétribués 2.200 francs nets par mois. Ils sont installés au coeur même des quartiers sensibles, dans les maisons de la justice et du droit, au sein de plates formes de service public, dans des mairies annexes, des bureaux de poste... Non-fonctionnaires pour la moitié d'entre eux, les nouveaux délégués du médiateur de la République facilitent, par leur profil et leur origine, la réconciliation entre les quartiers populaires et l'administration. Une mission qui confine parfois au sacerdoce…
"La demande est forte"
![]() Bernard Stasi - AFP |
"Ce sont pour la grande majorité d’entre eux des hommes et des femmes qui connaissent ces quartiers, qui y habitent, qui y militent", note Bernard Stasi. "Ils deviennent délégués du médiateur parce qu’ils estiment que c’est un devoir civique, par générosité ; pour certains d’entre eux, c’est aussi une expérience intéressante : beaucoup sont encore étudiants." L’originalité de ces nouveaux médiateurs réside donc aussi dans leur profil : "60% sont des femmes, 10% sont de nationalité étrangère, ce qui est tout de même assez nouveau dans une institution de la République", souligne Bernard Stasi. Quant à la façon dont ils sont perçus, elle est largement positive. "Ils sont bien accueillis, et par les services de l’administration, et par les associations qui travaillent sur le terrain. La demande est forte. Des maires, des sous-préfets chargés de la Ville, nous sollicitent pour que nous en installions dans leurs quartiers. Indiscutablement, ils répondaient à un besoin."
Manque de moyens et isolement
![]() La documentation juridique, un support qui fait parfois cruellement défaut - DR |
Malgré cela, l’expérience est jugée largement concluante par Bernard Stasi, qui envisage sereinement la prochaine vague de nominations. "Nous avions décidé de nommer 100 nouveaux délégués en 2000, et 100 en 2001 ; pour un certain nombre de raisons, notamment financières, nous avions arrêté le recrutement. Nous allons le reprendre." Tout en sachant que ces délégués sont et resteront des volontaires, au lieu de devenir des professionnels, ce qui créerait "un autre type d’administration spécialisé dans la résolution des conflits, sur lequel s’appuieraient les services publics, sans chercher à se réformer par eux-mêmes".
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