© INTERNELe 31 octobre 2000, le Ievoli Sun sombrait au large des côtes normandes avec à son bord 6.000 tonnes de produits chimiques, dont 4.000 tonnes de styrène. Depuis, il repose par 70 mètres de fond. Près de six mois après le naufrage du chimiquier, les travaux de récupération des produits dangereux contenus dans ses soutes vont pouvoir débuter. Smit Pioneer, le navire néerlandais chargé des opérations est sur zone. Le premier perçage de la coque est fixé pour lundi matin. "Après avoir effectué ses réglages et tests de son système de positionnement dynamique et du robot sous-marin (ROV), il a réalisé une première investigation sous-marine : l'épave n'a pas bougé, aucune fuite ni brèche supplémentaire n'a été observée, aucun obstacle flottant n'a été repéré à proximité de l'épave", explique-t-on dans un communiqué de la préfecture maritime de la Manche. Une seconde investigation visant à repérer les soutes et les points de perçage sur la coque a ensuite eu lieu.
Perçage, mode d'emploi
Les opérations devraient débuter par le perçage d'un trou en partie basse de chaque soute pour créer une arrivée d'eau de mer, car "le styrène, plus léger que l'eau, est repoussé par l'eau vers la partie haute de la cuve". Ce système permet d'éviter la déformation des cuves. Ensuite viendra le perçage de la partie haute des soutes, pour permettre l'évacuation du styrène par un tuyau relié à des pompes sur le Smit Pioneer. "Le mélange styrène-eau de mer sera stocké sur une barge fixée à bord du Smit Pioneer. Ultérieurement, c'est le tanker +navette+ Angela qui, après transbordement, assurera le transport du mélange récupéré" vers Rotterdam (Pays-Bas), où il sera retraité.
Pendant ces opérations, le bateau disposera d'un navire de soutien, le remorqueur Banckert, équipé d'un dispositif anti-pollution. Ce remorqueur néerlandais travaille habituellement sur les plates-formes off-shore. Le navire de surveillance de la Marine nationale Alcyon se rendra également sur la zone de l'épave, où les marins pompiers de Cherbourg effectueront des prélèvements d'air et d'eau.
Les opérations, qui devraient s'étaler sur environ six semaines, comprendront le pompage des produits dangereux (styrène et fioul de propulsion) et le relâchement contrôlé à faible débit des autres produits de la cargaison, "non polluants et biodégradables dans ces conditions", selon la préfecture maritime et le ministère des Transports.
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