L'intervention n'a pas convaincu

Par G. R. , le 18 avril 2001 à 23h13 , mis à jour le 17 avril 2001 à 23h35

L'intervention de Lionel Jospin a suscité des réactions mitigées dans l'opposition, mais également au sein de la majorité plurielle. Les réactions à chaud sur la prestation du Premier ministre.

jospin intervention france2 © INTERNE

A gauche

Alain Bocquet, président du groupe communiste (PC) à l'Assemblée : "Le compte n'y est toujours pas. Lionel Jospin a plutôt tenu le frein à main qu'appuyé sur l'accélérateur social". Selon le responsable communiste, le Premier ministre "a procédé à une défense et illustration de sa politique et a défendu son bilan". Aain Bocquet a regretté que Lionel Jospin "soit resté complètement évasif" sur le smic et "les moyens que doit se donner le gouvernement pour faire front contre les licenciements dans des groupes comme Danone qui font du bénéfice".

Jean-Marc Ayrault président du groupe socialiste (PS) à l'Assemblée : M Ayrault estime avoir entendu un "Jospin des grands moments", empreint "d'une grande sincérité" et "d'une grande simplicité". "J 'ai trouvé ce soir un Jospin des grands moments. Une grande sincérité, une grande simplicité aussi. "Il y a des contradictions à gérer et en même temps, il a parfaitement réussi, une fois de plus, à rappeler que la politique peut faire bouger le cours des choses sans promesse démagogique, sans faire croire à des promesses qu'on ne sera pas capable de tenir. Je suis sûr qu'il a convaincu", a conclu le président du groupe socialiste au Palais-Bourbon

Jean-Michel Baylet président du Parti radical de gauche (PRG): Jean-Michel Baylet a jugé mardi soir que le Premier ministre Lionel Jospin avait été "bon sur le bilan" mais a regretté qu'il n'ait pas ouvert "davantage de perspectives". "Lionel Jospin a été bon sur le bilan. Bon sur l'explication aux Français de la politique gouvernementale, mais les radicaux auraient souhaité davantage de perspectives politiques pour l'année à venir".

Alain Claeys, secrétaire national du PS chargé de la coordination et de la trésorerie : "Lionel Jospin a montré une grande sérénité pour à la fois expliquer sa politique et en donner les perspectives pour les douze mois à venir". "Lionel Jospin a montré les changements intervenus depuis quatre ans. Il a montré les conditions pour poursuivre ce changement pour les douze mois à venir" notamment dans le domaine de l'emploi ou de la justice sociale, a-t-il ajouté.

Denis Baupin, un des porte-parole des Verts : "Je reste sur ma faim" après l'intervention télévisée du Premier ministre Lionel Jospin qui a manqué un peu de souffle". "On en reste à des mesures déjà annoncées. Le responsable écologiste aurait souhaité notamment des engagements en faveur de l'agriculture durable ou une augmentation des minima sociaux. "Ca reste en dessous de ce qui est souhaitable pour donner du sens au travail de la majorité plurielle", a-t-il ajouté. "On sent que si Lionel Jospin a des projets, il les garde pour la présidentielle", a conclu M. Baupin.

Georges Sarre, président délégué du MDC : "Le Premier ministre s'est efforcé de faire de la pédagogie, mais sur le sujet essentiel du moment - rendre à l'Etat les moyens de s'opposer aux effets de la mondialisation libérale - il n'a pas convaincu (...) Quant à la délinquance des mineurs, le refus du Premier ministre d'adapter notre législation est inquiétant (...) Cette délinquance va continuer à se développer et les Français dans leur majorité y verront, là encore, une démission de l'Etat".

A droite

Philippe Douste-Blazy, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, a jugé que Lionel Jospin, lors de son intervention télévisée, avait été "plus commentateur qu'acteur de la vie politique". "Il s'est comporté plus comme un Premier ministre immobile et satisfait que comme un chef de gouvernement animé d'une réelle volonté réformatrice".

Philippe de Villiers, président du MPF : "Lionel Jospin a donné l'impression d'être à bout de souffle". "On attendait un homme d'action et on a eu un commentateur fatigué".

Jean Arthuis, président du groupe centriste au Sénat : "l'intervention de Lionel Jospin était un bel exercice d'habileté politicienne et d'autosatisfaction". "Lionel Jospin ce soir, c'était plutôt: bonnes gens, dormez tranquilles!, mais quelle vision de l'avenir a-t-il exprimé ?"

Les syndicats

Jean-Luc Cazettes président de la CFE-CGC : "le discours télévisé du Premier ministre, concernant les sujets sociaux, était très creux et qu'il ne comprenait "rien de précis". "Pour la fonction publique, la CFE-CGC demande une augmentation des salaires, pour la totalité des fonctionnaires, y compris pour les cadres".

La fédération des fonctionnaires CFTC a fait part dans un communiqué de son "regret", après les propos du Premier ministre Lionel Jospin, exprimant son doute quant à la conclusion d'un accord salarial dans la Fonction publique. "Si cela devait se confirmer, c'est-à-dire pas de négociations salariales dans la fonction publique, nous exprimons un profond regret et nous considérons que c'est en quelque sorte l'arrêt de la politique contractuelle dans la fonction publique dont le gouvernement porterait la responsabilité".

Photo d'ouverture : Lionel Jospin invité sur le plateau de France 2 - © France 2

Par G. R. le 18 avril 2001 à 23:13
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