Jospin "ajuste"

Par Philippe MATHON , le 12 avril 2001 à 20h56 , mis à jour le 11 avril 2001 à 21h16

Contrôle accru sur les licenciements, hausse "significative" des bas salaires… Au moment où les salariés de LU et de Marks & Spencer manifestaient ensemble à Paris, Lionel Jospin a arrêté une série d'"ajustements" pour répondre aux "attentes" des Français.

fabius jospin guigou © INTERNE
 Le gouvernement Jospin, réuni jeudi en séminaire à Matignon, a défini de nouvelles orientations dans sa politique économique et sociale. Il s'agissait de reprendre la main dans un contexte social rendu difficile par les plans sociaux annoncés par Danone et Marks & Spencer, ainsi que les grèves des cheminots et des sages-femmes.

"La priorité numéro un du gouvernement est et restera la création d'emplois et la lutte contre le chômage", a déclaré Yves Colmou, le conseiller à la communication de Matignon, à l'issue des discussions. Mais le Premier ministre n'est pas resté insensible aux revendications croissantes de la population face au paradoxe d'entreprises bénéficiaires recourant à des plans de licenciements collectifs. Lionel Jospin, qui interviendra mardi soir prochain sur France 2, a notamment évoqué la possibilité d'un renchérissement du coût du licenciement pour les entreprises qui font des profits.

"Mieux contrôler le comportement de certaines entreprises"

Le projet de loi de modernisation sociale, qui viendra en seconde lecture à l'Assemblée nationale en mai, sera ainsi l'occasion "de mieux contrôler le comportement de certaines entreprises en matière de licenciement économique", a souligné Yves Colmou. De chauds débats en perspective au sein de la majorité plurielle. Certaines composantes, comme le PCF, demandent de nouvelles lois pour stopper la vague de licenciements dictée, selon lui, par les marchés financiers.

D'après le communiqué du PS, il s'agit de faire en sorte que l'accord de l'administration sur un plan social ne soit donné "qu'à partir du moment où ces mesures seront à la hauteur de ce que permet la situation économique et financière de l'entreprise". On est loin du "moratoire" sur les licenciements réclamés par Robert Hue.

Hausse à venir des bas salaires

Lionel Jospin entend par ailleurs relancer les négociations salariales avec l'objectif d'améliorer "significativement" la situation des bas salaires. La Commission nationale de la négociation collective sera réunie fin avril par Elisabeth Guigou, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, et le gouvernement tiendra compte de l'avancée de ces négociations "dans les décisions à venir au 1er juillet pour le Smic". Afin de faciliter le retour à l'emploi, la période de cumul d'un salaire avec un minimum social sera portée à six mois au lieu de trois mois actuellement, à compter de septembre.

Le gouvernement a décidé "le doublement de la prime pour l'emploi en 2002". Cette année, cette prime (1.500 francs pour un célibataire) sera versée le 15 septembre. Un comité interministériel se tiendra durant la première semaine de mai pour arrêter la suite du programme emplois-jeunes, lancé sur cinq ans au début de la législature. Un nouveau plan de lutte contre les exclusions sera également lancé avec un accent particulier mis sur les mères isolées et les allocataires du RMI.

35h : Crédits doublés pour le conseil aux PME

Le gouvernement a décidé de doubler les crédits alloués au dispositif d'appui et de conseil aux PME pour le passage aux 35 heures. Le montant - actuellement de 280 millions de francs - sera porté à 560 millions de francs. Précision utile : cette décision ne concerne pas le financement du passage aux 35 heures. Le dispositif d'appui et de conseil en faveur des entreprises, et principalement des PME, serait "élargi" et qu'un nouveau décret en ce sens serait publié fin avril.

Enfin, concernant le budget, la marge de manœuvre du Premier ministre est très limitée en ces temps de ralentissement de la croissance : contrairement à l'an passé, il n'y a pas de "cagnotte", comme ne cesse de le rappeler le ministre des Finances, Laurent Fabius. D'autant que les crises alimentaires - vache folle et fièvre aphteuse - ou les inondations réduisent encore les possibilités financières.

Par Philippe MATHON le 12 avril 2001 à 20:56
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience