© INTERNEA l’heure où la popularité du Premier ministre semble menacée d’effritement et où les tensions minent sa majorité, l’exercice – une intervention télévisée de trois-quarts d’heure sur France 2 – était difficile. Plutôt que de tenter une "opération séduction" à destination des Français, Lionel Jospin a choisi de l’aborder en restant fidèle à lui-même. Il a tenu à donner l’image d’un chef de gouvernement qui travaille, qui avance, maître de ses dossiers et peu préoccupé des échéances électorales. Quitte à différer des annonces sur des sujets pourtant attendus – comme celui du Smic – pour ne pas sacrifier cette volonté de pragmatisme.
- Sur le volet économique
, qui a occupé la plus grande partie de son intervention, le message n’est pas nouveau : la situation est bonne, le gouvernement tient fermement la barre. "En quatre ans, depuis 1997, est-ce qu'on peut dire que ça a été des mauvaises années pour la France ? " s’interroge ainsi le Premier ministre, avant de répondre de lui-même : "honnêtement, je ne le crois pas". Et de citer le chômage en baisse, la réduction des déficits publics et de l’endettement, les réformes sociales…- La réduction des impôts ne fait pas l'unanimité à gauche ? Le Premier ministre défend "une mesure intelligente économiquement" qui "va donner du pouvoir d'achat aux Français, c'est bien pour eux, et c'est bien ajusté économiquement".L’économie américaine suscite des inquiétudes ? "Depuis 97", explique Lionel Jospin, "nous avons traversé plusieurs trous d’air : la crise russe, la crise asiatique, la crise américaine – et pourtant, la croissance française s’est maintenue. Je pense que le politique du gouvernement n’y est pas étrangère."Les dépenses publiques : "si on lâchait la bride aux dépenses publiques, on recréerait des déficits et on risquerait aussi d'avoir la Banque centrale européenne qui dirait: puisque c'est comme cela, je vais augmenter les taux d'intérêt".La question du Smic ? Silence radio. "Soit on met ça au niveau de l'inflation, soit on donne un coup de pouce. On ne le fait jamais sans avoir consulté les partenaires sociaux. Cette décision sera prise en juillet après consultation des partenaires sociaux. Je ne vais pas l'annoncer maintenant".Quid des licenciements chez Danone ou Marks & Spencer ? Le Premier ministre a rappelé que le gouvernement entendait travailler dans trois directions: "Renchérir le coût des licenciements pour les entreprises qui font des profits, exiger de leur part des efforts en terme de réindustrialisation pour le site et qu'elles renforcent leurs efforts de reclassement".Interrogé également sur les grèves à la SNCF, le Premier ministre a jugé "souhaitable de négocier avant de faire grève", plutôt que le contraire, tout en se prononçant contre un service minimum et en jugeant que cette entreprise "va bien".
- En ce qui concerne l’échéance de 2002
, Lionel Jospin a préféré, une fois encore, éviter la polémique.- On lui reproche d’être "nerveux" ? Jospin assure qu'il "serait illusoire de compter sur une nervosité particulière" de sa part à l'approche des échéances de 2002L'état de ses relations avec le président Jacques Chirac ? Pour le Premier ministre, la cohabitation n'est pas appelée à se tendre à l'approche de la présidentielle: "Pas à mon initiative, je ne le pense pas." Et c'est dans ce même esprit, dans cette même volonté d'éviter la polémique, qu'il a jugé "un peu solitaire" la démarche du député socialiste Arnaud Montebourg pour engager une procédure parlementaire de mise en accusation du chef de l'Etat.Enfin, sera-t-il candidat ? La question "ne pourra se poser que si cela est souhaité" et que "si ça a un sens". "Si ça n'est pas le cas, pour moi, en tant qu'homme, ça n'est pas un problème".
Photo d'ouverture : lionel Jospin lors de son intervention télévisée sur France 2 - © France 2
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