Jospin, au secours, la gauche s'étiole !

Par Philippe MATHON , le 01 mai 2001 à 18h45 , mis à jour le 30 avril 2001 à 19h09

Chevènement, les Verts, Laguiller, Krivine… La gauche de la gauche défie le Premier ministre dans le domaine social, compromettant ainsi son dessein présidentiel.

Abbeville Lionel Jospin inondation somme © INTERNE

Officiellement, rien de prévu. L'agenda de Lionel Jospin était conforme à un emploi du temps de veille de 1er mai. Tout juste trois rendez-vous. Avec un "trou" entre 14h15 et 18h00. Du temps libre que le Premier ministre a occupé studieusement en recevant deux piliers de la gauche plurielle, Jean-Pierre Chevènement (MDC) et Robert Hue (PCF).

Au menu des discussions : l'agenda électoral de 2002. Et cette question : comment, à douze mois de ce grand combat, poser les fondations de la quête présidentielle ? Et ce à un moment critique pour le gouvernement : des municipales en demi-teinte, les licenciements annoncés chez Danone et Marks & Spencer, l'inondation de la Somme… Autant d'épines (justifiées ou pas) pour le futur candidat Jospin.

Chevènement prend le large

Comme si cela ne suffisait pas à raidir le Premier ministre, Jean-Pierre Chevènement y est allé de sa petite phrase en laissant entendre, à sa sortie de Matignon, que son parti n'adhérait plus à l'idée de "majorité plurielle". "Le Mouvement des citoyens vote le budget et ne vote pas de motion de censure. Mais la majorité plurielle est une alliance du Parti socialiste à géométrie variable avec les uns et les autres. C'est un concept que nous ne faisons pas nôtre". La fronde était prévisible : depuis son départ du gouvernement, le "Ché" ne cesse de critiquer les options gouvernementales. Que ce soit sur la Corse ou sur les options économiques et sociales, toutes les occasions sont bonnes pour lui de se démarquer. Au cas où, en 2002, Lionel Jospin ressortirait affaiblit de sa mandature à Matignon…

Lundi, toujours, deux dirigeants de l'extrême gauche, Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) et Alain Krivine (LCR), ont mis en garde le Premier ministre. "En refusant d'interdire les licenciements, en particulier dans les entreprises qui réalisent des profits, Jospin prend le risque devant des milliers de travailleurs menacés de perdre la présidentielle", a déclaré la première, tandis que le second se faisait menaçant : "Les voix de l'électorat populaire se méritent, elles ne se marchandent pas".

Finalement, le partenaire le plus "fiable" de Lionel Jospin demeure le PCF. Malgré les rodomontades d'usage, le parti de Robert Hue ne peut se permettre le moindre écart. A l'issue de son entretien d'une heure avec le Premier ministre, le leader communiste a quitté Matignon le visage renfrogné et sans un mot pour la presse. Toujours ça de pris pour Jospin, qui recevra dans la semaine Dominique Voynet (Verts). Une autre paire de manche. Le chemin sera long jusqu'en 2002.

Par Philippe MATHON le 01 mai 2001 à 18:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience