Jospin veut garder le contact

Par Philippe MATHON , le 17 avril 2001 à 11h11 , mis à jour le 17 avril 2001 à 11h32

Invité de France 2 actuellement, le Premier ministre va tenter de convaincre les Français du bien-fondé de l'action de son gouvernement.

lionel jospin seminaire © INTERNE

Place à l'explication de texte. Après avoir annoncé jeudi, à l'issue du séminaire gouvernemental, une batterie de mesures sociales et budgétaires, Lionel Jospin devra convaincre, ce soir à 20h20, sur France 2. Convaincre les Français, bien sûr (d'après un sondage BVA/L'Expansion/LCI, 51% désapprouvent sa politique sociale), mais également sa majorité plurielle. Que ce soit le PCF, les Verts ou le MDC, tous ont relevé les "insuffisances" des annonces gouvernementales.

"Pour le moment, le compte n'y est pas", a estimé le secrétaire national du PCF, Robert Hue, tandis que les Verts réclamaient une "réalisation rapide et concrète" des orientations. Enfin, le Mouvement des citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chevènement, a dénoncé le "décalage" entre les annonces faites par le gouvernement et la réalité sociale.

Pédagogie

Bousculé lors des conflits sociaux chez Danone et Marks & Spencer, chahuté par les victimes des inondations de la Somme, Lionel Jospin vit une passe particulièrement difficile, quatre ans après son accession à Matignon. Son intervention télévisée, qui intervient six mois après la précédente, est l'occasion pour lui de redresser la tête. Et de redevenir audible.

Dans un contexte d'incertitude sur la conjoncture économique internationale et de rétrécissement des marges de manœuvre financières, il devra déployer des trésors de pédagogie pour faire admettre que le gouvernement n'a pas les moyens d'être généreux cette année. A plusieurs reprises, le ministre de l'Economie, Laurent Fabius, a prévenu qu'il ne fallait pas compter sur une "cagnotte fiscale" en 2001. Pour 2002, Lionel Jospin a néanmoins décidé d'une progression des dépenses de 0,5% en volume (hors inflation) ce qui lui permettra de disposer de 30 milliards de francs supplémentaires, auxquels s'ajouteront environ 25 milliards de francs par le biais de redéploiements, comme en 2001.

Pas de changement de cap

Toute la question est de savoir si cela suffira à calmer les revendications sociales des partenaires de la majorité, que les résultats des municipales, mais aussi la perspective de la présidentielle, ont exacerbées.

Comme il le fait régulièrement, Lionel Jospin devrait mettre l'accent sur les résultats obtenus, tant dans le domaine de la lutte contre le chômage (un million de chômeurs en moins depuis 1997) qu'en terme d'inflation maîtrisée ou de croissance soutenue. Des arguments mis en avant pour justifier son choix de "ne pas changer le cap". Le 27 mars dernier, au lendemain des municipales et tandis que des voix s'élevaient pour réclamer un "coup de barre à gauche", il avait répliqué que dans l'Union européenne, il n'était "pas d'autre pays qui mène une politique plus à gauche que la nôtre".

Par Philippe MATHON le 17 avril 2001 à 11:11
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