© INTERNEDepuis quelques jours, le Parquet de Paris étudiait l'opportunité d'autoriser les juges chargés de l'enquête sur le trafic d'armes vers l'Angola d'enquêter sur d'éventuelles irrégularités dans le financement du Rassemblement pour la France (RPF). Visiblement, les magistrats n'ont pas attendu longtemps pour prendre leur décision.
En décidant d'ouvrir deux informations judiciaires distinctes, la première "contre X pour financement illégal de parti politique", la seconde pour "financement illégal de campagne électorale" et concernant "Charles Pasqua et tous autres" dans le cadre des élections européennes de 1999, le Parquet permet aux magistrats de mener de plus sérieuses investigations sur la personne et l'environnement de l'ancien ministre de l'Intérieur.
Le clan Pasqua visé
"Le juge, je m'en fous" Charles Pasqua a affirmé que les comptes de son parti le RPF et de sa campagne électorale pour les européennes de 1999 étaient "parfaitement clairs" et qu'il "assumerait ses responsabilités dans tous les domaines", lors d'une conférence de presse. "J'assumerai mes responsabilités dans tous les domaines. Ma seule satisfaction c'est qu'on arrête de s'en prendre à mes collaborateurs et qu'on s'en prenne à moi. Le juge, je m'en fous", a poursuivi l'ancien ministre de l'Intérieur. |
Il faut dire que la pression judiciaire s'est brutalement accentuée cette semaine sur son entourage, avec la mise en examen d'un de ses vieux conseillers, Bernard Guillet (pour "recel d'abus de biens sociaux") et la nouvelle audition de l'ancien préfet du Var, Jean-Charles Marchiani.
Valise de billets
Jeudi matin, encore, une ancienne collaboratrice de Charles Pasqua affirmait, dans un entretien publié par Le Figaro, être allée chercher en Suisse une "mallette" pour le compte de Bernard Guillet.
De 1993-1994 à aujourd'hui, elle aurait également effectué plusieurs voyages au Luxembourg. Elle a notamment indiqué qu'en février dernier, Bernard Guillet lui avait demandé de se rendre à Luxembourg pour rencontrer Nasir Abid, associé de Nadhmi Auchi, un homme d'affaires d'origine irakienne. Tous deux font l'objet d'un mandat d'arrêt international dans le cadre de l'affaire Elf. Elle devait "délivrer des messages à Nasir Abid" et "chercher de l'argent", a-t-elle précisé au Figaro, affirmant que Bernard Guillet lui avait dit que "cette fois ce ne sera pas pour le RPF, mais ce sera pour moi". La somme en question s'élèverait à 50.000 francs, selon une source proche de l'enquête.
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