Ministre ou maire : Pierret chez le juge

Par , le 20 avril 2001 à 20h55 , mis à jour le 18 octobre 2003 à 17h21

Elu à la mairie de St-Dié le mois dernier avant d’abandonner son mandat pour se consacrer à son poste de secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christian Pierret sera entendu aujourd’hui comme témoin assisté par un juge d'instruction vosgien. Un électeur le poursuit pour "détournement de suffrages électoraux".

christian pierret © INTERNE

Pas banale. La raison qui amène Christian Perret devant le juge d’instruction de St-Dié sort en effet de l’ordinaire. Le secrétaire d’Etat à l’Industrie est tout simplement poursuivi par un électeur qui l’accuse d’avoir trompé l’électorat pendant la campagne municipale. Serge Baumgartner, un cadre commercial de 48 ans, qui s’est constitué partie civile, reproche en effet à l’ancien homme fort de St-Dié d’avoir dit et écrit, qu'en cas d'élection, il serait "maire pendant six ans, quelle que soit (sa) situation ministérielle".

Or, comme beaucoup de ses confrères membres du gouvernement, Christian Pierret croyait


Christian Pierret sur la selette-
sûrement que Lionel Jospin ne ferait pas appliquer sa doctrine du non-cumul des mandats. Mais devant le tollé provoqué par l’accession au 1er poste de magistrat de plusieurs ministres, le Premier ministre a finalement décidé de faire marche arrière. Seuls Dominique Gillot et Louis Besson ont choisi de se consacrer à leur tâche municipale. Au contraire notamment de Christian Pierret qui a préféré sa place au gouvernement et qui a laissé son fauteuil à son ancien premier adjoint, Robert Bernard.

Mise en examen ?

C’est à ce moment que Serge Baumgartner est intervenu pour déposer sa plainte. "Christian Pierret a fait une promesse pour laquelle beaucoup de personnes ont voté et, à la fin, il ne l'a pas tenue. Il a menti. Il doit être puni" affirme l’ancien conseiller municipal divers-droite.

L’affaire n’est en tout cas pas si anodine qu’elle n’y paraît au premier abord. L'article 97 du code électoral, qui concerne le "détournement de suffrages électoraux par fausses nouvelles ou autre manoeuvre frauduleuse", prévoit une peine allant jusqu'à un an de prison et 100.000 francs d'amende à l'encontre de ceux qui s'en sont rendu coupables. Christian Pierret, convoqué comme témoin assisté, pourrait ainsi être mis en examen à la fin de son audition. Et le procureur de la République de St-Dié, André Ribes, évoque même la "possibilité juridique" d'une audition de Lionel Jospin !

Par Fabrice Aubert le 20 avril 2001 à 20:55
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