Info ou intox ? Comme toujours, les informations touchant de près ou de loin la Corse sont à prendre avec des pincettes. L'information du Parisien de mardi ne déroge pas à la règle.
Le quotidien annonçait ce matin que les superflics parisiens avaient "manqué", lundi, l'assassin présumé du préfet Erignac, au cours d'une "opération d'envergure" (sic) menée par le numéro 2 de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Une information démentie mardi matin par le directeur de la communication de la Direction générale de la police nationale (DGPN) interrogé par tf1.fr. "On raconte n'importe quoi dans cette histoire !, s'emporte M. Tourre. L'opération en question, poursuit-il, ne touchait pas directement Yvan Colonna. Les policiers ont agit dans le cadre d'une opération de banditisme et non de terrorisme. Voilà pourquoi il y avait des fonctionnaires de l'Office central de répression du grand banditisme (OCRB)", assure-t-il.
"Opération à tiroirs"
Touefois, une source proche du dossier a confirmé qu'il s'agissait bien d'une "opération à tiroirs" mais que, "au final", elle s'intégrait bien dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse, le 6 février 1998.
Difficile pour l'heure, de démêler le vrai du faux. Si l'on en croit les informations de nos confrères du Parisien, une opération de police s'est déroulée lundi matin à Vico, un village de Corse du Sud. La cible : Yvan Colonna, l'homme le plus recherché de France, en fuite depuis deux ans. Mais une fois encore, les policiers seraient reparti sans avoir mis la main sur l'assassin présumé du préfet Erignac.Le "tuyau" communiqué aux "superflics avait pourtant l'air sérieux, à en juger par l'impressionnant dispositif engagé dans l'opération. L'affaire aurait été gérée directement par le directeur adjoint de la Police judiciaire, Roger Marion. Sur le terrain, une dizaine d'hommes envoyés sur place comprenait, dixit le quotidien, des membres de la Division nationale antiterroriste (Dnat), de l'Office central de répression du banditisme (OCRB), ainsi que des hommes de la PJ d'Ajaccio et du Raid. Faux, corrige-t-on du côté de la police : la division nationale antiterroriste (DNAT), n'a pas participé à cette opération, menée par les seuls policiers du SRPJ d'Ajaccio et de l'Office central pour la répression du banditisme (OCRB).
De même source, on affirme qu'aucun indice n'a été trouvé dans les bergeries laissant supposer qu'Yvan Colonna avait pu, "récemment ou il y a plus longtemps", y trouver refuge.
Important arsenal
Quoiqu'il en soit, l'opération de police a accouché d'une souris : deux arrestations, mais pas celle d'Yvan Colonna. Louis Antonini, 56 ans, et son cousin, Xavier Gardella, camionneur, ont été interpellés après la découverte d'un important arsenal dans l'une des deux bergeries du premier, bâtiment utilisé, selon Le Parisien, par le second. Dans l'une d'elles, en cours de rénovation, les enquêteurs ont découvert une carabine "Ruger" de calibre 222-Remington, deux chargeurs, une centaine de cartouches ainsi que 47 bâtons de dynamite d'origine italienne, représentant 11,750 kilos d'explosifs.
Le 23 mai 1999, Yvan Colonna fuyait sa maison de Cargèse, à une vingtaine de kilomètres du village de Vico. Aujourd'hui, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré dans 178 pays.
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