© INTERNESymbole et baromètre malgré lui des évolutions de la justice en France, Patrick Henry, rescapé de la guillotine en 1977, et dont la demande de remise en liberté avait été refusée il y a quelques mois par Elisabeth Guigou, va retrouver cette liberté à la faveur de la nouvelle loi sur la présomption d'innocence. Depuis janvier 2001, le garde des Sceaux est en effet déchargé du pouvoir de statuer sur la libération conditionnelle des condamnés à des peines supérieures à dix ans de prison.
Jeudi, la juridiction régionale de Basse-Normandie (composée d’un conseiller à la cour d'appel de
![]() Patrick Henry, pendant son procès- |
" Un autre homme "
Patrick Henry, âgé de 22 ans lors des faits, avait été condamné le 20 janvier 1977 à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de l'Aube pour l'enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand. Il est aujourd’hui âgé de 46 ans et a passé plus de la moitié de sa vie derrière les barreaux. Incarcéré à Caen, il avait fait l'objet de plusieurs avis favorables de la commission d'application des peines, qui avait souligné notamment ses capacités de réinsertion, sa possibilité d'obtenir un emploi à sa sortie et son comportement "modèle" en détention. Ceux qui ont d’ailleurs pu le rencontrer affirment qu’il a beaucoup changé. Que ce n’est plus le même homme. Qu’il pourrait tout à fait retrouver sa place dans la société.
Reste que nombre de Français n’ont pas oublié. Déjà, en juillet dernier, la possibilité de sa libération par la ministre de la Justice avait soulevé un tollé. Après avoir une première fois échappé à la peine de mort, Patrick Henry allait-il de plus échapper à la détention perpétuelle ? Depuis, les esprits s’étaient apaisés, mais cette conséquence de l’entrée en vigueur de la loi sur la présomption d’innocence va sans aucun doute soulever de nouveau la polémique. Alors, fallait-il libérer Patrick Henry ?
Retour MYTF1

Chargement en cours...





