© INTERNEFade. Peu surprenant, faible sur le fond même si bon sur la forme. Au lendemain de l'intervention de Lionel Jospin sur France 2, la presse se montre globalement déçue, ennuyée, comme face à un acteur doué, mais qui ne sait plus surprendre. "Fourre-tout de circonstance" pour Le Républicain Lorrain, "plutôt ennuyeuse" pour Havre Presse, l'intervention d'hier montrait un Premier ministre "tonique et pathétique" pour L'Union.
"Il manquait à Lionel Jospin un peu de flamme et beaucoup de sincérité", estime Jacques Camus dans La République du Centre. "On se demandait à quoi rimait ce service après-vente d'une action passée ou de perspectives engagées", affirme Jacques Guyon dans La Charente Libre. Malgré les sourires, malgré la tranquillité, "sur le fond, on n'aura rien appris qu'on ne savait déjà" (La Charente Libre), et Jospin n'a pas répondu aux attentes des Français, comme l'explique Thomas Ferenczi dans Le Midi Libre : "On peut douter que la 'sérénité' dont se réclame Lionel Jospin soit de nature à recréer une dynamique".
Etait-ce la faute d'un "service minimum, question sens", comme l'estime Jean-Michel Helvig dans Libération ? Pour Michel Schifres du Figaro, il s'agirait plutôt du développement d'un trouble, dû au "paradoxe" suivant : "La France va bien, les Français vont mal". "Non que Lionel Jospin, hier soir, ait été mauvais", explique l'éditorialiste. Mais il semble que l'on a, d'un côté, un premier ministre qui "sait ce qu'il vaut, et attend seulement que les Français l'aiment" (La République du Centre), et de l'autre des Français qui, "hélas pour lui", sont surtout intéressés par eux-mêmes" (Havre Presse).
Sur la sérénité avancée et le mystère entretenu quant à sa candidature à la présidentielle, la presse n'est guère plus convaincue. Libération se fait ironique, en associant une photo où Jospin se montre un brin coincé au titre "Désirez-moi". Jean-Michel Thénard enfonce le clou dans son analyse : "Aimez-moi où je ne me présenterai pas ! (...) [Jospin] a compris qu'il lui faut désormais trouver le moyen de 'fendre l'armure' de Premimer ministre pour être désiré". Pour L'Indépendant, même si le Premier ministre "laisse enfin planer un doute sur sa candidature", on attend un suspense mieux bâti : "Hitchcock faisait mieux dans le genre". Alors certes, il a bien montré que l'Elysée n'est pas son "obsession", mais comme l'estile Jean-Yves Boulic dans Ouest-France, "que ses interrogations sur sa candidature soient feintes ou pas, c'est un chef d'Etat potentiel qui est et qui sera testé dans les mois qui viennent".
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